‹ 1870 - SedanChapitre 102 sur 177 · LA SURPRISE DE BEAUMONT · texte numérisé non relu

LA SURPRISE DE BEAUMONT

La marche de la 8^ division prussienne. — L'ouverture du feu sur les camps français. — Entrée en ligne de la 7* division. — L'absence de grand'gardes françaises rend la surprise complète. — Premier désarroi du 5* corps. — Organisation de la défense. — Belle attitude du colonel Démange. — Vaillance des troupes.

Les troupes du IV^ corps prussien ont levé dès l'aube leurs bivouacs d'Andevanne et de Bayonville, et, à 10 heures du matin, après une courte halte à Nouart et à Fossé, se sont remises en marche en deux colonnes sur Beaumont. A Belval, la 8' division, avec laquelle se trouvent le g^énéral von Alvensleben I et l'artillerie de corps, apprend que des troupes françaises nombreuses sont campées à Beaumont et s'y reposent en toute tranquillité, sans avant-postes. Elle continue, aussi silencieusement que possible, à travers la forêt, par la Forge de Belval, vers la ferme de Belle-Volée. Parvenu à la lisière du bois, l'escadron pointe d'avant-garde se met à l'abri des vues, tandis qu'une compagnie du 4^ ba-

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taillon de chasseurs se glisse jusqu'à la ferme de Petite-Forêl (1).

De la hauteur située immédiatement au nordest, on disting^ue, à 500 mètres environ, un premier camp au sud de Beaumont, puis un second au nord-ouest du hourg. On évalue les troupes visibles à une brigade d'infanterie et à un régiment de cavalerie. On constate que les Français n'ont pas en effet établi d'avant-postes et que rien, jusqu'alors, n'a troublé leur quiétude (2).

D'après les recommandations du prince royal de Saxe, la 8^ division doit attendre, avant de s'engager, que les colonnes latérales soient parvenues à sa hauteur (3) . Mais le général von Alvensleben juge que les Français ne tarderont pas à s'apercevoir du danger et craint de laisser échapper une si belle occasion de les surprendre. Aussi prend-il la responsabihté d'une attaque immédiate (4) .

Les mouvements à cet effet commencent aussitôt : déjà les deux batteries de l'avant-garde ont pris position entre la ferme de Petite-Forêt et celle de Maison-Blanche, située à 500 mètres à l'ouest, déjà le 4^ bataillon de chasseurs tout entier a atteint Petite-Forêt, quand une vive

(1) Historique du grand État-major prussien, VII, 992-993.

(2) Ibid., 993.

(3) Voir suprà, p. 203.

(4) Das Abbrechen von Gefechten, herausgegeben vom grossen Generalstabe, 74.

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