LA BRIGADE FONTANGES
sans grandes difficultés. Par deux fois le 86® de ligne exécute une charge à la baïonnette , qui échoue » sous un feu écrasant d'écharpe et de face (1) " . Le 46% contraint d'abord de reculer, se reporte en avant et, « au prix de grands efforts » , reconquiert l'espace perdu (2).
Des péripéties analogues caractérisent le combat livré par les régiments de la brigade Fontanges déployés à gauche de la division Goze. Le 68® de ligne plie d'abord sous les efforts du 66® efficacement appuyé par quatre batteries, mais le lieutenant-colonel Paillier, dont le courage et le sang-froid furent au-dessus de tout éloge, parvient pourtant à refouler l'ennemi « par différentes charges à la baïonnette exécutées à propos (3) » . A leur tour, les Prussiens prennent l'avantage, et il faut le secours des dernières compagnies de réserve du 68® pour leur tenir tête. Ce résultat n'est obtenu d'ailleurs qu'au prix de pertes considérables : parmi les officiers atteints sont le commandant Lacazedieu tué et le commandant Frelaut grièvement blessé de trois coups de feu (4). Par contre, à l'extrême gauche, entre le chemin de Belle-Tour et la route de Stenay, l'ennemi, qui n'a engagé que trois compagnies
(1) Historique du 86® de ligne.
(2) Rapport du général de Fontanges, 9 septembre 1870.
(3) Ibid.
(4) Historique du 68® de ligne.
226 REAUMONT
du 66% est aisément contenu par les deux bataillons du 17\
Pressentant l'issue de ce combat inégal, le général Liédot, commandant l'artillerie du 5" corps, a prescrit aux batteries de la réserve de quitter leurs emplacements à l'ouest et au sud de Beaumont, et de venir s'établir au nord-est du bourg. Les batteries de la division Goze se reportent de même plus au nord vers le carrefour situé au nord-est de la Harnoterie (1). Cette retraite, nécessaire sans doute en raison des progrès de l'adversaire, prive à peu près complètement notre infanterie de l'appui de l'artillerie et la laisse exposée aux feux réunis du fusil et du canon ennemis (2) .
Débordé sur son flanc gauche, le 46'' recule, non sans exécuter plusieurs retours offensifs qui tiennent les Prussiens à distance; finalement il s'éparpille depuis Létanne jusqu'aux hauteurs au nord-ouest de Beaumont (3). Le IV de ligne, dont le flanc gauche est découvert par cette retraite, se replie un peu en désordre, mais se rallie à hauteur d'un de ses bataillons, disposé en échelon en arrière. Il laisse ensuite Beaumont à sa gauche et s'établit au nord du bourg (4) . A son
(1) Journal de marche de la réserve d'artillerie; Rapport du chef d'escadron Pérot, 19 octobre.
(2) Historique du 11® de ligne.
(3) Historique du 46® de ligne.
(4) Historique du 11' de ligne.