‹ 1870 - SedanChapitre 114 sur 177 · DEBUT DE LA MARCHE DU 7^ CORPS · texte numérisé non relu

DEBUT DE LA MARCHE DU 7^ CORPS

Remilly, destiné au 1" corps et aux cuirassiers Bonnemains.

Douay hésite entre Mouzou etVillers. Gomme la tête du convoi est déjà engagée sur le chemin de la Besace, il juge préférable de le laisser poursuivre par Yonck sur Mouzon avec Conseil Dumesnil et de diriger le reste du corps d'armée, par Raucourt et Autrecourt, sur Villers-devant- Mouzon. Ces dispositions une fois arrêtées par Douay, le maréchal s'éloigne en disant : « Vous aurez 60 000 hommes sur les bras ce soir si vous n'êtes pas au delà de la Meuse. » Peu après, le canon se fait entendre sur les derrières du corps d'armée : deux batteries de lavant-garde du V corps se sont établies en effet au nord de Saint- Pierremont et tirent sur la brigade Bittard des Portes, de la division Dumont, constituant l'arrière-garde. Déjà celle-ci riposte, quand Douay survient, fait cesser le feu et reprendre la marche, «< notre intérêt étant d'avancer quand même (1) » . La cavalerie ennemie essaie de pousser sur le bois du Fay, mais elle est arrêtée par quelques salves de la batterie de mitrailleuses de la division Dumont, établie à l'ouest de Stonne (2).

En approchant de cette localité, Douay entend sur sa droite le grondement du canon qui devient de plus en plus distinct à mesure qu'il avance.

(i) Prince Bibesco, loc. cit., 97.

(2) Historique du grand Etat-ynajor. prussien , VII, 1049.

« Au premier moment, dit un témoin, il n'y eut au 7* corps qu'une même pensée : marcher au canon! Mais dès que nous fûmes montés sur un mamelon situé près de la route de Stonne, nous pûmes constater, au moyen d'une long^ue vue, que cela était impossible. Au loin, à droite, se dessinait une ligne de feux demi-circulaire avançant dans la direction de Beaumont : là était l'ennemi ; à gauche, on voyait la fumée des coups de canon tirés à intervalles par des troupes en retraite sur Mouzon : ces troupes étaient celles du 5^ corps (1) . »

Pour leur porter secours, il fallait, suivant Douay qui, en cela se montrait très pessimiste; faire halte, réunir les éléments du 1^ corps échelonnés de Stonne à Raucourt, se frayer un passage à travers la colonne Conseil Dumesnil, quii encombrait la route de Beaumont, franchir eni bon ordre les dix kilomètres qui séparaient Stonne du champ de bataille. A son avis, cette manœuvre était très périlleuse, et n'eût pas exigé moins de trois à quatre heures. Or, il était plus d'une heure, déjà de Failly semblait en retraite, et l'on risquait d'arriver trop tard et de se faire écraser en détail. Le commandant en chef n'avait il pas prescrit, d'autre part, de franchir la Meuse le soir même? C'est à ce dernier parti que s'arrêb

(1) Prince Bibesco, loc, cit., 103-104.

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