LE 7^ CORPS A REMILLY
nonnade ennemie. Une certaine nervosité se manifeste, gag^nant quelques officiers. Le général Bittard des Portes arrête ses deux régiments : le SS*" prend position à Touest de Raucourt, le 83'' au sud, tous deux abrités et dissimulés par des talus et des taillis. Puis le 82® reprend sa marche, tandis que le 83' continue à faire tête à l'ennemi et se replie ensuite par les bouquets de bois à l'ouest et au nord-ouest du village. A son tour, un bataillon du 82'' s'établit à la lisière du Gros-Bois et, après un échange de quelques coups de fusil avec l'infanterie ennemie, gagne Angecourt (1) .
Sur le point d'arriver à Remillly, la tête de colonne du 7** corps trouve le chemin obstrué par la division Bonnemains, et un nouveau temps d'arrêt se produit, causant une inquiétude fébrile parmi les troupes. Douay fait aussitôt dégager la route et poursuivre la marche à travers champs vers le pont de Remilly. Mais le village est encombré; il faut attendre la fin du passage de la division L'Hériller et des cuirassiers Bonnemains, ce qui peut demander deux heures au moins. Il est 7 h. 15. Les troupes forment les faisceaux et se couvrent par des grand'gardes ; la réserve d'artillerie, placée à l'est de la route, fait face au débouché d'Angecourt. La situation est grave et
(1) Historique de la brigade Bittard des Portes; Historiques des 82* et 83^ de ligne.
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Tanxiété de Douay extrême; le g^énéral ne se dissimule pas qu'avec le jour les Allemands arriveront à la Meuse et qu'il faut, à 3 heures du matin, n'avoir plus un homme sur la rive gauche (1) .
Enfin, vers 10 h. 15, le mouvement de l'artillerie peut commencer, mais s'exécute avec une extrême lenteur et à travers une foule d'incidents : " Les chevaux hésitent ; ils se cabrent sous l'éperon du conducteur. Ici, c'est un caisson qui se renverse et qu'il faut précipiter dans la Meuse; là, c'est un cheval qui se prend la jambe entre deux madriers, tombe, cherche en vain à se relever, et qu'on laisse aller au courant pour déblayer la voie. Cependant, on s'engage, on se presse, on passe : on finit, après mille efforts et mille déboires, sous l'étreinte d'une angoisse indicible, par atteindre la rive opposée (2). » A 2 heures du matin, l'infanterie de la division Dumont et l'artillerie de la division Liébert ont seules pu effectuer le passage (3). Douay est de plus en plus inquiet, quand le commandant de Bastard, attaché à Tétat-major du maréchal de Mac-Mahon, vient le prévenir que l'armée entière se dirige sur Sedan (4) .
(1) Prince Bibesco, loc. cit., 113.
(2) Ibid., 115-116.
(3) Journal de marche de la 2^ brigade de la division Liébert; Historique du 83® de ligne.
(4) Voir infrà, p. 285.