‹ 1870 - SedanChapitre 14 sur 177 · PROJET DE JONCTION · texte numérisé non relu

PROJET DE JONCTION

tion des corps nouvellement formés et de ceux qui avaient constitué l'armée d'Alsace avec les forces du maréchal Bazaine. [\ était persuadé que cette opération » devait changer la situation des affaires (1) » ; il y voyait le salut de la France (2) . Ainsi on n'abandonnerait point Bazaine, que l'on croyait ne pas être en état de tenir longtemps, et l'on donnerait de meilleurs cadres aux armées de Ghâlons et du Rhin réunies (3) .

Le plan que le général de Palikao soumit au conseil des ministres pour exécuter cette jonction prévoyait un mouvement de l'armée du camp de Ghâlons vers Metz en trois colonnes, qui partiraient simultanément le 21 août de Mourmelon, atteindraient le 22 la ligne Sainte-Menehould, Vouziers et, gagnant le 23 Clermont-en-Argonne par leur droite et Grand-Pré par leur gauche, viendraient converger le 25 aux environs de Verdun où elles devaient franchir la Meuse (4) . D'après les renseignements reçus, les I" et IP armées allemandes, celles de Steinmetz et de Frédéric-Charles, étaient retenues aux environs de Metz par le maréchal Bazaine ; la IIP, sous les ordres du prince royal de Prusse, marchait de Nancy vers Paris par Bar-le-Duc; enfin l'on di-

(1) Général de Palikao, loc. cit., 96.

(2) Procès Bazaine, Déposition du général de Palikao, 404.

(3) Encfuéte..., Déposition du général de Palikao, 171.

(4) Général de Palikao, loc. cit., 104.

sait qu'une quatrième armée, commandée par le prince de Saxe, était sur la Ghiers, au nord-est de Verdun (1) .

Il s'ag^issait d'abord de tromper le prince royal et de le déterminer à continuer sa marche sur Paris. Le g^énéral de Palikao pensait qu'il suffirait de faire tomber entre ses mains une dépêche prescrivant à Mac-Mahon de g^agner Paris avec 150 000 hommes en passant « par Reims ou Rethel » . Le ministre espérait ainsi empêcher la IIP armée d'intervenir dans la bataille qui aurait lieu, le 26 août au plus tard, « entre l'armée de 120 000 hommes du maréchal de Mac-Mahon, en supposant qu'elle eût perdu 15 000 hommes pendant sa marche, et l'armée du prince de Saxe, dont l'effectif était de 70 000 hommes; l'action devait se passer entre Verdun et Étain, dans la direction de Briey (2) » .

Le général de Palikao envisag^eait deux hypothèses. Si les deux armées allemandes de Metz venaient soutenir celle du prince de Saxe, elles entraîneraient derrière elles l'armée du maréchal Bazaine, qui seule avait pu lutter contre toutes lés forces ennemies à Borny et à Rezonville. Dans ces conditions, il considérait que la situation de

(1) Enquête..., Déposition du général de Palikao, I, 171. — C'était l'armée dite de la Meuse, composée de trois corps d'armée et de quatre divisions de cavalerie, et constituée le 19 août, au lendemain de la retraite de Bazaine sous les forts de Metz.

(2) Général de Palikao, loc. cit., p. 108.

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