PROTECTION' DE LA RETRAITE
cris de « Halte! » et de « En avant! » répétés parfois toutes les cinq minutes. Malgré cela, ce temps suffit aux hommes pour s'endormir profondément, de sorte qu'on a la plus g^rande peine à les réveiller chaque fois que la colonne se remet en marche. Du reste, le désespoir causé par notre défaite, en attei^jnant le moral des soldats, augmente encore la confusion (l) » .
La protection de la retraite vers Sedan incombe au I" corps (2). Bien que le général Ducrot n'ait pas reçu de nouveaux ordres, il prend les mesures nécessaires pour acheminer sur Givonne et Illy les bagages et les services administratifs et fait préparer des vivres sur ce point. Après avoir dicté l'ordre de mouvement pour le 31 août, il écrit au général Margueritte : il appelle son attention sur la gravité de la situation et sur \a position aventurée, à son avis, de cette division de cavalerie sur la rive gauche de la Ghiers. Il l'engage à venir camper près de Garignan et à se porter le lendemain sur Sedan parallèlement et en liaison avec le 1" corps. Partageant cette opinion, Margueritte se porte dans la soirée même à Sailly, non sans laissser deux escadrons dans le bois de Blanchampagne, un à Margut et un à Villy Dans la nuit, Ducrot lui adresse une nouvelle lettre pour lui conseiller de passer
([) Historique du 46* de ligne.
(2) Voir supra, p. 276.
la Ghiers au poat de Sailly, qu'il se propose de faire sauter ensuite. La retraite aurait lieu vers Sedan soit en longeant la Ghiers, soit vers le nord par Osnes, Messincourt, Escombres (l).
Si le 1" corps semble avoir conservé toute sa cohésion, le 5' est désorganisé, le 7' fortement ébranlé; toute l'armée est atteinte dans son moral et déprimée par cette marche de nuit intempestive et si mal réglée, qui est sa dernière étape avant la lutte suprême (2) .
(1) Général Ducrot, la Journée de Sedan, 11-13; Le général Margueritte au maréchal de Mac-Mahon, Sailly, 30 août, 8 heures du soir; Le général Ducrot au général Margueritte, Garignan, 31 août.
(2) Des causes qui ont amené la capitulation de Sedan, 19.