‹ 1870 - SedanChapitre 143 sur 177 · COMBAT DE BAZEILLES · texte numérisé non relu

COMBAT DE BAZEILLES

bavarois, venant de Raucourt, a atteint Remilly vers 10 heures du matin : elle est fusillée par des tirailleurs français embusqués sur la rive droite de la Meuse. Un bataillon de chasseurs bavarois occupe aussitôt Je villag^e, tandis que l'artillerie de l'avant-g^arde prend position au sud et au nordouest. Ses obus obligent la division Lacretelle, du 12^ corps, qui suit la route de Douzy à Bazeilles, à se jeter au nord.

Le 34* de lig^ne, régiment de tête de la brigade Gambriels (division Grandchamp du 12^ corps), reçoit Tordre de défendre le pont du chemin de fer, tandis que le 52% de la brigadje Bordas, du 7^ corps, qui se trouve à ce moment près de Bazeilles, se déploie le long de la route de Douzy (1). Presque simultanément, neuf batteries du 12' corps s'établissent tant à l'est et à l'ouest de Bazeilles que sur les hauteurs au nord, tandis que le 1" régiment d'infanterie de marine leur sert de soutien, dans une formation dense qui Texpose sans profit aux projectiles (2). Elles contrebattent huit batteries bavaroises qui sont venues renforcer l'artillerie de l'avant-garde sur les coteaux qui avoisinent Remilly (3) . L'infanterie de la i'" division bavaroise atteint ce village

(i) Historique du 34* de ligne; Journal de marche du gt^néral Bordas.

(2) Notes du commandant Lavenue.

(3) Historiques des 4*, 7", 8", 10*, 11'' régiments d'artillerie; Historique du grand Etat-major prussien^ VII, 1069.

et s'établit, partie en avant et sur les flancs des batteries, partie à Pont-Maugis. Au bout d'une demi-heure, les tirailleurs français, qui ont franchi le viaduc du chemin de fer et poussé jusqu'à 600 mètres de l'aile gauche de la lif^ne d'artillerie ennemie, sont définitivement rejetés sur la rive droite. Sept nouvelles batteries françaises entrent en ligne au nord-est de Balan, mais deux seulement, armées du matériel de 1 2 , peuvent atteindre l'artillerie bavaroise (1) . Celle-ci prend la supériorité du feu et oblige plusieurs des batteries du 12" corps à se retirer momentanément du combat. Bientôt une accalmie se produit dans la lutte d'artillerie, et le général Bordas fait retirer le 52" de ligne, dont il juge « la présence inutile (2) » . Vers midi, les Bavarois constatent que les Français font des préparatifs pour faire sauter le pont du chemin de fer (3y. Deux compagnies et demie environ sont chargées de s'opposer à cette entreprise : l'une d'elles se rapproche rapidement, ouvre un feu violent sur les travailleurs, les disperse, jette dans la Meuse les barils de poudre

(1) Historiques des 7*, 14'' et 19* régiments d'artillerie.

(2) Journal de marche du général Bordas.

(3j Jusqu'alors le général Lebrun n'avait pas détruit cet ouvrage d'art parce que le maréchal de Mac-Mahon lui avait fait observer son utilité si l'armée reprenait son mouvement sur Montmédy, et lui avait prescrit de ne le faire sauter que s'il voyait l'ennemi sur le point de s'en emparer (Maréchal de Mag- Mâhon, Souvenirs inédits). — Cf. général Lebrun, loc. cit., 87-

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