COMBAT DE BAZEILLES
déposés sur le tablier du pont, puis, poussant au delà, prend pied sur la rive droite derrière le remblai du chemin de fer. Deux bouches à feu viennent s'établir dans la vallée de la Meuse, afin de soutenir ces compagnies un peu aventurées (1) . Le ^¥ de lig^ne, sans tenter un retour offensif, les empêche de progresser au nord de la voie ferrée, et le combat se transforme sur ce point en une fusillade de pied ferme (2). D'ailleurs, constatant que des forces françaises considérables se sont déployées sur les coteaux de la rive droite et ne disposant que d'un seul pont, le général von der Tann se borne, pour le moment, à contenir les Français à une certaine distance de la Meuse et à préparer des moyens de passage.
Mais déjà les fractions parvenues sur la rive droite ont été renforcées. Grâce à l'appui de l'artillerie, les Bavarois pénètrent dans Bazeilles par la lisière sud, tandis qu'un de leurs bataillons de chasseurs, traversant la Meuse au bac situé en amont du pont, jette une compagnie à la gare. Les batteries bavaroises, en position près de Remilly et au nord-ouest d'Aillicourt, ouvrent le feu avec violence pour arrêter le retour offensif que les Français préparent visiblement (3) .
Le général Lebrun a prescrit en effet à la divi-
(1) Historique du grand Etat-major prussien, VII, 1071.
(2) Historique du 34*^ de ligne.
(3) Historique du grand État-major prussien, VII, 1071.
sion d'infanterie de marine Vassoigne de reprendre Bazeilles. Le 2® régiment se porte en avant sous le commandement supérieur du général des Pallières, ses I" et IP bataillons accolés, le IIP en soutien (1). L'attaque est préparée par le feu de quatre batteries de 12 et d'une batterie de canons à balles (2). Des Pallières est blessé dès le début, et le combat devenant de plus en plus vif, le général de Vassoigne se place lui-même à la tête du IIP bataillon et l'amène sur la ligne des deux autres. Le régiment tout entier exécute alors une charge à la baïonnette, pénètre dans le village du premier élan et, vers 3 h. 15, en chasse les Bavarois qui sont poursuivis jusqu'à la Meuse. Ils se replient même sur la rive gauche, tant au moyen du bac que par le pont du chemin de fer dont ils restent pourtant en possession et qu'ils couvrent par une barricade. Peu à peu le combat se réduit à une canonnade échangée d'une rive à l'autre de la Meuse et au cours de laquelle le feu se déclare dans plusieurs maisons de Bazeilles (3) .
(1) Journal de marche de la 3* division du 12® corps; Notes du général Voyron (alors capitaine adjudant-major).
(2) Rapport sur les opérations de l'artillerie du 6® corps (portion réunie au 12^ corps).
(3) Journal de marche de la 3^ division du 12* corps ; Notes du lieutenant-colonel Dumesnil ; Historique du grand Étatmajor prussien, Wl, 1072-1073. — Pertes des Bavarois : 9 ofHciers, 133 hommes. Pertes des Français : 11 officiers, 400 hommes.