FIN DU COMBAT
Pendant le combat, Téquipag^e de ponts bavarois, arrivé à Aillicourt vers 2 h. 15, a jeté aussitôt deux ponts sur la Meuse, sans être g^êné en rien par nos troupes. La i" brig^ade d'infanterie se tient à proximité, prête à passer sur la rive droite. Mais, vers 5 h. 1 5 du soir, von der Tann apprend que les mouvements de Tarmée de la Meuse sont terminés pour le 31 août. Il établit alors ses troupes au bivouac et fait relever une partie des ponts. Les unités de première lig^ne demeurent sur leurs emplacements et quatre-vin^jt-quatre bouches à feu restent en batterie sur les hauteurs d'Aillicourt fl). De son côté, le \2^ corps s'installe, pour la nuit, depuis les coteaux au nord de Bazeilles où bivouaque la division Vassoig^ne jusqu'aux glacis au nord-est de Sedan où s'établit la division Grandchamp.
A Bazeilles, le général de Vassoigne a donné au commandant Lambert, son sous-chef d'étatmajor, le commandement de toutes les troupes qui occupent ce village. Certains mouvements de l ennemi ayant fait croire à une attaque imminente, Vassoigne en rend compte au général Lebrun, qui prescrit aussitôt de faire sauter le pont du chemin de fer. Mais l'officier du génie, n'ayant pas les poudres nécessaires, est obligé de surseoir à l'exécution; il en fait demander à
(1) Historicjue du grand État-major prussien, VII, 1073-
Sedan et, malheureusement, ne les recevra pas en temps utile (1).
Les renseignements les plus complets sur nos emplacements sont parvenus au g^rand quartier général allemand dans la soirée du 31 août. Il n'y a d'incertitude que sur les projets du maréchal de Mac-Mahon. On ne suppose guère qu'il acceptera la bataille dans des conditions aussi désavantageuses et qu'il demeurera immobile, en laissant à l'adversaire toute latitude pour l'envelopper. C'était admettre, à la vérité, qu'il eût discerné le péril et qu'il connût la supériorité numérique des forces qui lui étaient opposées.
L'armée française se replierait-elle sur Mézières , ou tenterait-elle de déboucher sur Garignan, ou enfin se déroberait-elle sur le territoire belge? De ces trois hypothèses, c'est la première que le grand quartier général considère comme la plus vraisemblable, bien que, d'après certains indices, on fût en droit de ne pas rejeter la seconde. Le maréchal de Moltke a dit après la guerre qu'il se croyait en mesure de » s'opposer énergiquement à l'une comme à l'autre de ces entreprises (2) » ; mais, le 31 août 1870, il lui
(1) Journal de marche de la division Vassoigne.
(2j Historique du grand Etat-major prussien, VIII, 1082.