‹ 1870 - SedanChapitre 147 sur 177 · EMPEREUR ET MAC-MAHON LA VEILLE DE SEDAN · texte numérisé non relu

EMPEREUR ET MAC-MAHON LA VEILLE DE SEDAN

L'empereur se rend, le 30, de Garignan à Sedan. — Son entretien avec le capitaine de Sesrnaisons. — Pressant télégramme de l'impératrice. — Le maréchal de Mac-Mahon dans la matinée du 31 août. — Son erreur sur les forces ennemies en présence. — Etat moral et matériel de l'armée. — Renseignements inquiétants parvenus au général Douay. — Conférence du 31 à 5 heures du soir. — Projets successifs du maréchal. — Il prescrit un repos pour le lendemain. — Le défilé de Saint-Albert reste inoccupé. — Causes de cette regrettable omission. — Quiétude injustifiée du maréchal.

Dans l'après-midi du 30 août, l'empereur a quitté Mouzoïi pour se rendre à Garignan sans connaître le résultat du combat livré par le h'' corps (l). Il en est à peine troublé, si l'on en ju/je par ce télég^ramme adressé à l'impératrice : « Il y a encore eu un petit engagement aujourd'hui sans grande importance. Je suis resté à cheval assez longtemps (2) . » Vers 8 heures du soir, le général Ducrot, accompagné du capitaine Bos-

(1) Ph. DE Massa, loc. cit., 311.

(2) Papiers et correspondance de la famille impériale, I, 421.

san, son aide de camp (1), vient annoncer à l'empereur les événements de Beaumont et le prier, au nom du maréchal de Mac-Mahon, de se rendre au plus vite à Sedan. Napoléon est d'abord incrédule et Bossan doit lui exposer les faits en détail. « Très vivement ému » , il l'interrompt à plusieurs reprises : « Mais c'est impossible ! Nos positions étaient mag^niBques ! » Puis il se refuse à partir : sa place est, affirme-t-il, avec le corps qui couvre la retraite (2). Il se résigne pourtant en apprenant Tordre donné par le commandant en chef d'exécuter un mouvement de retraite : vers 11 heures du soir, il arrive à la gare de Sedan, d'où il gagne à pied la sous-préfecture (3) .

Vainement propose-t-on à l'empereur de continuer jusqu'à Mézières, où il serait hors des atteintes de l'ennemi et d'où, à la tête du

(1) Le capitaine Bossan avait été envoyé par Ducrot auprès du maréchal de Mac-Mahon afin d'avoir des nouvelles et de provoquer des ordres (Vie militaire du général Ducrot^ II, 402).

(2) Général Dccrot, loc. cit., 10; Verly, les Étapes douloureuses, 88.

(3) Marquis de Massa, loc. cit., 312. — Entre Carignan et Sedan, un capitaine de la garde mobile de Verdun, M. de Benoist, remet à l'empereur la dépêche suivante du maréchal Bazaine : " Les derniers renseignements indiquent un mouvement du gros des forces ennemies... Si ces renseignements se confirment, je pourrai entreprendre la marche que j'avais indiquée précédemment vers les places du Nord. Les batteries ont été réorganisées et réapprovisionnées ainsi que l'infanterie. L'armement de la place est presque au complet et j'y laisserai deux divisions. » Cette dépêche avait été remise le 27 août au commandant supérieur de Verdun (Procès Bazaine, rapport, 93-94).

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