‹ 1870 - SedanChapitre 148 sur 177 · NAPOLEON III A SEDAN · texte numérisé non relu

NAPOLEON III A SEDAN

13' corps, il pourrait rétrograder sur Paris. Sur ce point, il est irréductible et s'en exprime nettement : « Il n'avait pas voulu gêner les plans des généraux en chef, il ne voulait pas non plus porter le découragement dans l'armée par son départ à l'heure suprême de la lutte ; il entendait partager les dangers et le sort de l'armée (1). »

Le 31 août, vers 10 heures du matin, l'empereur reçoit le capitaine de Sesmaisons, aide de camp du général Vinoy, chargé d'annoncer au souverain l'arrivée à Mézières des premiers éléments du 13^ corps, d'exposer leur situation et de demander des instructions au commandant de l'armée de Châlons (2) . Napoléon III s'enquiert d'abord des causes d'une canonnade qu'il a entendue une heure auparavant, dans la direction de Donchery. Elle est due à des batteries ennemies (3) qui, des hauteurs de Frénois, ont lancé quelques obus sur le train par lequel le capitaine de Sesmaisons est arrivé à Sedan en même temps qu'un détachement de 350 hommes destinés au 3' zouaves. Des fenêtres des wagons, ceux-ci ont riposté par une fusillade désordonnée, aussi inoffensive d'ailleurs que l'a été le feu des batteries prussiennes (4) .

(1) Général Pajol, Relation de la bataille de Sedan (Moniteur universel du 22 juillet 1871).

(2) Général Vinov, Siège fie Paris, 31.

(3) C'étaient les batteries à cheval de la 4^ division de cavalerie.

(4) Général Vi:»oy, loc. cit., 32-33.

Après avoir relaté cet incident, le capitaine de Sesmaisons rend compte à l'empereur de Tenvoi sur Poix, Rimogne et Flize de fractions du IS*" corps; à son avis, elles vont se trouver très compromises si on ne les rappelle pas sur Mézières. Approuvant cette manière de voir, l'empereur télég^raphie au g^énéral Vinoy : » Les Prussiens s'avancent en forces; concentrez toutes vos troupes dans Mézières. » Mais il fait observer au capitaine de Sesmaisons qu'il ne donne cet ordre qu'en raison de l'urgence et de la difficulté qu'on aurait éprouvée à rencontrer le maréchal de Mac- Mahon qui, en sa qualité de commandant en chef, doit approuver et ratifier ces dispositions avant qu'elles ne deviennent définitives.

Sachant que désormais il faut renoncer à la voie ferrée, l'empereur se préoccupe de la route que suivra le capitaine de Sesmaisons pour retourner à Mézières. Il lui indique, en le traçant lui-même au crayon sur la carte, l'itinéraire que peut-être l'armée utiliserait le lendemain. C'est un chemin de grande communication récemment ouvert sur la rive droite de la Meuse entre Sedan et Vrigne-aux-Bois. L'empereur ne doute pas que ce chemin, non représenté encore sur la carte, ne soit inconnu de l'ennemi ; il en conclut prématurément qu'il doit être resté libre (l).

(1) Général Vinoy, loc. cit., 34-35. — En réalité, ce chemin, qui n'était pas indiqué sur la carte de l'empereur, figurait sur

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