LE PONT DE DOINGHERY
leurs qui dominent la place au sud-ouest. En arrière de celles-ci, s'élève une forte poussière indiquant » que des troupes considérables marchent à hauteur de cette artillerie (1) » . Le maréchal prescrit de taire sauter le pont de Donchery par lequel ces colonnes peuvent couper sa lig^ne de communication sur Mézières. Une compagnie du gfénie est dirigée en conséquence sur Doncherv par voie ferrée; mais, à peine est-elle débarquée, que le train qui l'a amenée repart en emportant les outils et la poudre. Une autre compagnie du génie est envoyée un peu plus tard; malheureusement elle trouve le pont déjà occupé par Teunemi (2j .
En sortant de la citadelle, le maréchal rencontre le ca[)itaine de Sesmaisons qui lui rend compte de son entrevue avec Tempereur. Le maréchal approuve les instructions expédiées au général Vlnoy (H). A ce moment, Mac-Mahon semble s'être arrêté à Tidée rationnelle d'une retraite sur Mézières. Il ne craint pas que les Alle-
(1) Enquête..., Déposition du maréchal de Mac-Mahon, I, 37.
(2) Ibid. — C'était l'avant-garde de la ^i" division du XP corps. — Le maréchal de Mac-Mahon émet à ce sujet une opinion au moins contestable : « La non-destruction de ces ponts (Remilly et Donchery), qui fut considérée par beaucoup comme très fâcheuse, le fut en léalité beaucoup moins qu'on ne le pense, car les pontonniers allemands jetaient sur la Meuse un pont de bateaux en moins de deux heures (Souvenirs inédits).
(3) Général Vinoy, loc. cit., 36.
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lîiands iFitcrceptent la route, persuadé que, s'ils le tentent, ce ne sera qu'avec un corps peu nombreux que Tarmée de Chàlons écrasera sans peine (1) .
En réalité, le maréchal n'a aucun renseignement précis sur les forces et les mouvements de l'adversaire. Vraisemblablement sous l'impression des affirmations du ministre delà guerre (2), il croit n'avoir devant lui que les corps du prince royal de Saxe et non ceux du prince royal de Prusse (3). La veille, il a déclaré au général Lebrun que l'ennemi n'a sur les lieux que 60 000 à 70 000 hommes tout au plus Si les Allemands attaquent, le maréchal s'en félicitera et les jettera, affirme-t-il, dans la Meuse (4). Ainsi pourrait s'expliquer l'inaction complète de l'armée de Chàlons dans la journée du 31 août. En réalité, son infériorité numérique est considérable.
(1) Maréchal de Mac-Mahon, Souvenirs inédits; Général Vinoy, loc. cit., 36.
(2) Voir suprà, p. 153.
(3) Maréchal de Mag-Mahon, Souvenirs inédits ; Général Vinoy, Loc. cit., 36 ; Notes du général de Vaulgrenant. — D'après le prince de Hohenlohe, « le maréchal déclara, après la capitulation, qu'il avait été trompé par le fait que les deux armées allemandes étaient commandées par deux kronprinz II finissait par n'y plus rien comprendre et supposait n'avoir affaire qu'à un seul » [Lettres sur la stratégie, II, 302).
(4) Général LEBRurf, loc. cit., 74. — Le maréchal indique également 60 000 hommes dans une conversation avec le général Douay (prince Bibesco, loc. cit., 96).