TELEGRAMME DE PALIKAO
seau de Floing^ et constaté qu'elles sont dominées par le calvaire d'Illy et par la croupe que couronne le bois du Hattoy. L'effectif de ses troupes ne lui permettant pas de s'étendre jusqu'à ces deux positions, il se rend à Sedan et, vers 1 1 heures, il présente ses observations au maréchal. Bien que préoccupé de la situation, le commandant en chef ne paraît pas partager les appréhensions du g^énéral Douay (l). 11 song^e d'ailleurs à ce moment à prendre un autre parti. D'après les rapports des commandants de corps d'armée, les troupes sont a exténuées, hors d'état de marcher et de combattre (2) » . Ne convient-il pas de leur accorder encore un jour de repos le ["septembre, d'attendre l'ennemi et d'accepter la bataille au lieu de se replier sur Mézières (3)? Il semble qu'un télégramme du ministre de la Guerre ne soit pas étranger à cette nouvelle détermination. Dans la nuit du 30 au 31, le maréchal ayant télégraphié : » Mac-Mahon fait savoir au ministre qu'il est forcé de porter ses troupes sur Sedan » , le général de Palikao a répondu aussitôt : u Votre dépécbe de ce matin ne m'explique pas la cause de
(1) Rapport du général Douay.
(2) rSotes du général de Vaulgrenant. — Cette lassitude extrême de l'armée est un fait qu'il ne faut pas oublier lorsqu'on reproche au maréchal de n'avoir pas prol^ifé du 31 août pour battre en retraite sur Mézières. Toutefois, elle ne saurait justifier une inaction complète.
(3) Général Visoy, /or. cit., 37.
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votre marche en arrière, qui va causer la plus vive émolion; vous avez doue éprouvé un revers (1)? » Combien troublantes étaient de pareilles objurg^ations sur un esprit irrésolu!
Instruit du nouveau projet, Douay déclare qu'il va faire construire des retranchements. " Vous retrancher! s'écrie le maréchal. Mais je ne veux pas m'enfermer comme à iMetz; je veux manœuvrer. I» Douay aurait répondu : " Je ne sais pas s'ils nous en laisseront le temps (2) . »
Vers midi, le maréchal de Mac-Mahon parcourt les bivouacs et examine encore le terrain aux alentours de la ville. A son retour, vers 5 heures et demie, il réunit dans son cabinet le général de Wimpffen, le général Lebrun, le général Robert, chef d'état-major du 1" corps, et le chef d'escadrons Seigland, aide de camp du général Douay. Chacun des officiers généraux présents fait connaître au maréchal les incidents de la journée et les positions sur lesquelles ses troupes sont établies. Puis le commandant Seigland rend compte d'un fait d'une particulière gravité. Vers 4 heures, un ancien militaire, habitant du pays, est venu informer le général Douay que l'ennemi se pré[)are à franchir la Meuse à Donchery et
(J) Le ministre de la Guerre au maréchal de Mac-Mahon, D. T. Ch., 31 août, 9 h. 40 matin
(2) Conseil d'Enquête sur les Capitulations, Déposition du général Douay.