‹ 1870 - SedanChapitre 18 sur 177 · OBJECTIONS AU PLAN PALIKAO · texte numérisé non relu

OBJECTIONS AU PLAN PALIKAO

ég^ale à la leur, et de plus enivrés par les premiers succès de la campagne.

A la vérité, le ministre comptait que l'armée de Ghâlons franchirait la Meuse à Verdun et environs les 24 et 25 août, et que la bataille aurait lieu le 26 contre Tarmée du prince de Saxe encore isolée. C'était faire abstraction de la résistance que le maréchal de Mac-Mahon rencontrerait au passag^e de la rivière et qui le retarderait d'un jour au moins. C'était supposer aussi que le prince de Saxe engag^erait follement une lutte inég^ale et décisive la veille même du jour où son collèg^ue serait en mesure de le secourir.

Ainsi il n'était g^uère possible d'admettre que l'on prolongerait l'ignorance du prince royal au delà du 24 août et qu'on le retiendrait sur la route de Paris assez longtemps pour permettre au maréchal de Mac-Mahon de battre l'armée du prince de Saxe. Logiquement on devait compter au contraire sur l'intervention des colonnes de la IIP armée dans la région d'Étain, dès le 28 août au matin. Et cette attaque serait d'autant plus dangereuse qu'elle se produirait sur le flanc droit et peut-être même sur les derrières de l'armée de Chàlons. En cas d'insuccès, le péril était redoutable par la perte des communications avec l'intérieur du pays et, en raison de la proximité de la frontière belge, une défaite deviendrait un désastre entraînant la capitulation en rase

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campag^ne OU la neutralisation. Alors disparaîtrait la dernière armée régulière de la France, celle qui, par ses cadres, pouvait servir à organiser une masse nouvelle de 250 000 à 300 000 hommes. Cette considération, jointe au grand nombre de chances défavorables, était faite pour inspirer la prudence.

Le général de Palikao, essayant après la guerre de justifier son plan, ne paraît pas avoir eu conscience de ces dangers. Après avoir examiné l'éventualité et les conséquences de la jonction des deux armées françaises, il ajoutait : « Nous avions encore cet avantage d'avoir un point de retraite, si, par le plus grand des hasards, nous avions été battus ; dans ces conditions, nous avions pour retraite l'Argonne, ce qui nous permettait de gagner Reims, Rethel et Paris (1). » C'était toujours faire abstraction de l'armée du prince royal qui, par une conversion vers le nord, pouvait couper nos lignes de retraite.

L'armée de Ghâlons avait déjà commencé ses premières marches vers le nord-est, quand le général de Palikao conçut un autre projet. Il s'agissait de réunir une armée de 60 000 hommes sous le commandement du général de Wimpffen, et de la transporter à Belfort d'où elle opérerait « une puissante diversion dans le grand-duché de Bade,

(i) Enquête..., Déposition du général de Palikao, I, 172.

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