‹ 1870 - SedanChapitre 25 sur 177 · FAIBLESSES DE NOTRE ARMEE · texte numérisé non relu

FAIBLESSES DE NOTRE ARMEE

directe et se résume en deux mots qui tiennent lieu de tout : Déhrouillez-vous ! C'est aujourd'hui, du haut en bas, le g^rand mot inventé dans l'armée française pour excuser les ordres incomplets, les études superficielles et les services à moitié assurés (i). «

D'une manière générale, abstraction faite des défectuosités communes à l'armée du Rhin et à l'armée de Ghàlons, celle-ci manquait en outre de confiance, de cohésion, d'homogénéité, d'organisation et même, pour certains de ses éléments, de l'instruction militaire la plus rudimentaire (2) . Les cadres étaient incomplets, le matériel et les équipages insuffisants. Le moral et la discipline des corps d'armée d'Alsace avaient reçu de graves atteintes; les conséquences s'en firent sentir dès les premières marches par des actes de maraude et de pillage (3) . Le 2i août, Ducrot fut obligé de prendre les mesures les plus rigoureuses pour mettre fin à ces fâcheux écarts. L'espoir de

(1) Histoire de l'année de Châlons, par un volontaire de l'armée du Rhin, 94, 95.

(2) Capitaine DERRÉciGAix, loc. cit., 246 et 325; Général PiJOL, aide de camp de l'empereur, lettre citée par Wimpffen, loc cit., 301; Les causes de nos désastres, 31, note 1; Général Lebru:î, loc. cit., 5.

(3) Le ministre de la Guerre au maréchal de Mac-Mahon, 21 août; Ordre général de l'armée de Châlons, Juniville, 24 août; Journal de marche du 5® corps; Journal de marche de la 2* brigade de la 3^ division du 5'^ corps. — Cf. de Narcy, Journal d'un officier de turcos^ 177.

vaincre était perdu, et les Allemands constatèrent au premier combat la moindre solidité de nos troupes (1) .

La présence de l'empereur à Tarmée était un embarras et une nouvelle cause de faiblesse. Bien que le souverain eût renoncé à exercer le commandement, un sentiment de déférence, joint peut-être au désir de diminuer sa responsabilité, n'en portait pas moins le maréchal de Mac-Mahon à tenir compte de ce qu'il croyait être la pensée de l'empereur. De là des incertitudes, des hésitations se traduisant inévitablement par la lenteur des mouvements dans des circonstances où la première condition du succès eût été la rapidité de la marche. Enfin, Ting^érence de l'impératrice et du ministre de la Guerre dans la direction des opérations et l'influence de certaines considérations politiques ne pouvaient amener que de fâcheux résultats.

(1) Abbrechen von Gefechten (ouvrage publié en 1905 par le grand État-major prussien). — « Ce n'étaient plus les Français de Saint-Privat » , écrit un officier de la garde prussienne (Von Pfeil, Vor vierzieg Jahreii, 87).

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