DERRIERE DEPECHE DU 18 AOUT
tamment restées sur leurs positions... » Un peu plus tard, le seul fil télégraphique qui reliât encore Metz à Ghâlons et à Paris par Thionville fut rompu.
Le quartier impérial et le maréchal de Mac- Mahon restaient donc sous l'impression de la dernière dépêche de Bazaine qui permettait de croire que toutes les attaques de l'ennemi avaient été repoussées. Le duc de Magenta pensait, le 19 au matin, que l'armée de Metz avait dû, «cette nuit, s'ouvrir un passage » , vers le nord-ouest probablement. Il faisait part au ministre de cette manière de voir, ajoutant que son intention était toujours de se porter sur Reims le 21, et d'y prendre une position d'attente (1). L'empereur était favorable à ce projet : Reims lui paraissait en effet « une bien meilleure position que Ghâlons (2) » .
Le général de Palikao approuvait ce mouvement et recommandait de rallier, autant que possible, le corps de Failly, de couper les routes et les chemins de fer, de faire sauter les ponts, de détruire les télégraphes au fur et à mesure qu'on rétrograderait, de mettre en œuvre, en un mot, tout ce qui serait de nature à retarder la marche
(1) Le maréchal de Mac-Mahon au ministre de la Guerre, D. T., 19 août, 6 heures matin.
\2) L'empereur au ministre de la Guerre, D. T., 18 août, 7 h. 55 matin.
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de rennemi (I). Mais il ne perdait pas de vue son plan d'opérations ultérieures : « Lorsque vous serez à Reims, mandait-il à Mac-Mahon, tâchez de vous relier avec Ganrobert et, s'il se peut, avec Bazaine, de manière à frapper d'abord un g^rand coup sur l'aile droite de l'armée prussienne et à vous retourner contre le prince royal de Prusse qui arrive de Nancy (2). " Puis, dans cette même journée du 18, sans doute à l'issue d'un Conseil des ministres, le général de Palikao précisa sa pensée par télégramme et spécifia que l'objectif de l'armée de Ghâlons était de « rejoindre le maréchal Bazaine (3) » .
Le duc de Magenta ne put se résoudre immédiatement à entreprendre cette opération : « J'étais, je l'avoue, assez indécis, disait-il après la guerre. Abandonner le maréchal Bazaine, que je croyais voir arriver d'un moment à l'autre sur la Meuse, me causait un véritable déchirement; mais, d'un autre côté, il me semblait urgent de couvrir Paris et de conserver à la France la seule
(1) Le ministre de la Guerre au maréchal de Mac-Mahon, D. T., 19 août, minuit 15; Le ministre de la Guerre à l'empereur, 18 août, 9 h. 30 soir.
(2) Le ministre de la Guerre au maréchal de Mac-Mahon, D. T., 19 août, minuit 15.
(3) Encjuèle..., Déposition du maréchal de Mac-Mahon, I, 30.