‹ 1870 - SedanChapitre 29 sur 177 · AIN XI ÉTÉ DE MAC-MAHOIN · texte numérisé non relu

AIN XI ÉTÉ DE MAC-MAHOIN

armée qu'elle eût encore disponible (1) . » Gomment concilier ces deux obligations et, en cas d'impossibilité, quel parti prendre? Le maréchal de Mac-Mahon se rendait nettement compte de la témérité des desseins du ministre, et ne se méprenait pas sur la valeur de l'armée de Ghàlons. Mais si, par une prudence très justifiée, il se retirait sous Paris et si Bazaine éprouvait un désastre, l'opinion publique et la postérité ne l'en rendraient-elles pas responsable? Tout contribuait à rendre son anxiété, ses angoisses mêmes plus vives, aussi bien l'impression douloureuse qu'il gardait de la défaite de Frœschwiller, que le sentiment inné de la solidarité envers un collègue, et l'influence de son entourage, favorable à la marche sur Metz (2), influence dont Ducrot se fit l'interprète : « Je ne comprends pas notre inaction, écrivait-il; comme je le disais hier au maréchal de Mac-Mahon, notre premier devoir serait de nous porter en avant pour attirer sur nous une partie des forces ennemies et soulager d'autant ces braves camarades (3). »

Sans doute, le mouvement projeté sur Reims était une solution moyenne qui permettait ultérieurement de prendre l'un ou l'autre parti, mais

(1) Encjuête..., Déposition du maréchal de Mac-Mahon, I, 30.

(2) Colonel Stoffel, la Dépêche du 20 août, 15.

(3) Le général Ducrot à Mme Ducrot 21 août 1870 (Vie militaire du général Ducrot, II, 387).

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le maréchal ne pouvait se dissimuler qu'il n'était possible d'en différer l'adoption que de quelques jours à peine. Ses perplexités n'en étaient donc pas diminuées : « Il faut s'être trouvé dans l'entourag^e du maréchal et de l'empereur, dit un témoin, pour comprendre l'anxiété qui y rég^na pendant ces longues journées (1) »

L'état d'âme du maréchal se manifesta dans ce message qu'il expédia à Bazaine le 19 août, à 3 h. 4-5 de l'après-midi : « Si, comme je le crois, vous êtes forcé de battre en retraite très prochainement, je ne sais, à la distance où je me trouve, comment vous venir en aide sans découvrir Paris. Si vous en jugez autrement, faites-le-moi savoir. » Le maréchal n'ignorait pas que les termes de cette dépêche étaient un peu obscurs : » Je l'avais rédigée ainsi, a-t-il expHqué plus tard, afin que si elle venait à tomber entre les mains de l'ennemi, il ne put en déterminer le sens, restant toutefois assez claire pour le maréchal Bazaine pour lui faire comprendre que j'avais l'intention de marcher sur Paris si je ne recevais aucun contre-ordre de sa part (2) . w

Soudain, dans la soirée du 19 août, les hésitations du maréchal de Mac-Mahon cessent sous l'empire de causes difficiles à déterminer : il se

(1) Colonel Stoffel, loc. cit., 16. — Cf. H. Welschinger^ loc. cit., I, 269.

(2) Maréchal de Mac-Mahon, Souvenirs inédits.

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