‹ 1870 - SedanChapitre 30 sur 177 · INFORMATIONS CONTRADICTOIRES · texte numérisé non relu

INFORMATIONS CONTRADICTOIRES

résout à marcher au-devant de l'armée de Metz et télég^raphie au général de Palikao : « Veuillez dire au Conseil des ministres qu'il peut compter sur moi, et que je ferai tout pour rejoindre Bazaine (1) . »

Mais déjà le temps était passé où l'on pouvait communiquer librement avec Metz. Le commandant supérieur de Verdun n'avait pas de nouvelles de Bazaine dans la matinée du 19. Quatre g^ardes forestiers déguisés, qu'il lui avait dépéchés le 16 par différentes voies, n'étaient pas revenus (2) . Le commandant supérieur de Thionville mandait d'abord dans l'après-midi que, « d'après tous les renseignements » , l'armée de Metz était au nord-ouest de la place, vers Briey, et qu'elle « livrait tous les jours des combats heureux »; puis, dans la soirée, il annonçait qu'il était u impossible d'avoir des nouvelles du maréchal Bazaine que l'on disait ce matin à Metz (3) w . Des informations également contradictoires étaient envoyées par les autorités civiles de la région.

Dans la matinée du 20 août, les renseignements parvenus au camp de Châlons semblaient

(1) Les papiers secrets de l'Empire, 73.

(2) Le général rommandant supérieur à Verdun au maréchal de Mac-Mahon, D. T., Verdun, 19 août, 8 heures matin.

(3) Le commandant de place de Thionville au maréchal de Mac-Mahon, D. T., Thionville, 19 août, 2 h. 12 soir et 6 h. 15 soir.

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indiquer que les trois armées ennemies étaient placées « de manière à intercepter à Bazaine les routes de Briey, de Verdun et de Saint-Mihiel (I) » . Toujours incertain des mouvements de l'armée de Metz, le maréchal de Mac-Mahon décida qu'il resterait provisoirement au camp «jusqu'à connaissance de la direction prise par Bazaine soit au nord, soit au sud »> . Il en rendit compte au ministre qui répondit : « Le seul renseignement que je puisse vous donner est le suivant : le 18 au soir, Bazaine occupait comme position la ligne Amanvillers à Jussy (2) . »

Le maréchal de Mac-Mahon redoubla d'efforts pour avoir des nouvelles. Il s'adressa aux commandants supérieurs de Thionville et de Montmédy, et même au préfet des Vosges, dans l'hypothèse où Bazaine se serait replié « vers le midi à travers le pays situé sur la rive droite de la Moselle (3) » . Le colonel Stoffel, qui était chargé à l'armée de Ghâlons d'une sorte de service des renseignements, envoya en mission deux inspecteurs de la sûreté générale, Miès et Rabasse (4). De son côté, le ministre de la Guerre

(1) Le maréchal de Mac-Mahon au ministre de la Guerre, D. T., 20 août, 8 h. 45 matin.

(2) Papiers et correspondance de la famille impériale, I, 38.

(3) Le maréchal de Mac-Mahon aux commandants supérieurs de Thionville et de Montmédy, et au préfet des Vosges, 20 août.

(4) Colonel Stoffel, la Dépêche du 20 août, 18.

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