PREFACE III
départ de Reims, en effet, le duc de Magenta n'a point l'intention d'aller jusqu'à Metz, ainsi qu'on l'a généralement admis. Il croit Bazaine sorti ou sur le point de sortir de la place, et son mouvement versMontmédy n'a d'autre but que de se porter à la rencontre de son collègue jusqu'à l'Aisne, tout au plus jusqu'aux défilés de l'Argonne. Rien ne sert donc de se hâter, d'autant que la présence de l'armée du prince royal de Prusse sur le flanc droit impose la prudence.
On a souvent affirmé d'autre part que, dans la journée de Sedan, Ducrot aurait donné, vers 8 heures du matin, l'ordre de la retraite sur Mézières et qu'il eût ainsi sauvé l'armée si Wimpffen n'avait annulé ces instructions. D'autres ont prétendu au contraire que toute issue vers l'ouest nous était interdite dès ce moment. Or, la discussion sur ce point paraît inutile : Ducrot n'a jamais prescrit semblable retraite, bien qu'il en eût peut-être envisagé l'exécution ultérieure; son projet consistait en une concentration sur les hauteurs d'Illy-Fleigneux, ce qui, à la vérité, eût évité la capitulation et permis à nos troupes défaites de passer sur le territoire belge.
Selon la méthode suivie pour nos précédents travaux sur la guerre de 1870, cet ouvrage est
IV PUÉFACE
une synthèse des premières études que nous avons publiées dans la Revue d'Histoire rëdiyée à l'Etat- Major de r armée, du mois d'avril 1905 au mois de février 1907.
Les documents que nous avons utilisés pour la relation des opérations de l'armée française proviennent pour la plupart des archives historiques du ministère de la Guerre, qui se sont enrichies récemment des souvenirs inédits du maréchal de Mac-Mahon, des papiers des généraux Ducrotet Broyé, des notes personnelles du général Lebrun, du journal des généraux Wolff et d'Andigné, des souvenirs inédits du général Faulte de Vanteaux et du capitaine Peloux (1). Pour les batailles de Beaumont et de Sedan, nous avons fait appel aux témoins survivants et nous les remercions vivement des renseignements précieux qu'ils nous ont fournis. Nous avons consulté en outre, mais avec ! des précautions particulières en raison du sentiment de justification personnelle qui a pu les dicter, les ouvrages écrits au lendemain de la guerre par les généraux Ducrot, Lebrun, Wimpffen et par le prince Bibesco sous l'inspi-
(1) Tout document cité et dont la provenance ne sera pas indiquée explicitement devra être considéré comme faisant partie des Archives historiques du Ministère de la Guerre.