MARCHE SUR REIMS
télég^raphia aux commandants supérieurs de Longwy, de Mézières, de Verdun et de Thionville.
Un incident allait déterminer l'évacuation du camp. Le 20 août, dans l'après-midi, le colonel Stoffel rendit compte au maréchal de Mac-Mahon de l'arrivée, à une quarantaine de kilomètres de Mourmelon, de coureurs ennemis qui avaient réquisitionné des vivres et des fourrag^es pour une colonne importante qui les suivait de près, affirmaient-ils. 11 conclut hâtivement que l'irruption de quelques régiments de cavalerie prussienne dans le camp y produirait « infailliblement une panique générale (1) » .
Si pessimiste que fût cette appréciation, le maréchal prit le parti de quitter le camp de Ghàlons dès le lendemain et de se porter sur Reims (2). Il en avisa le ministre, vers 5 heures du soir, et ajouta : « Si Bazaine perce par le nord, je serai plus à même de lui venir en aide; s'il perce par le sud, ce sera à une telle distance que je ne pourrai, dans aucun cas, lui être utile (3) . »
Le général de Palikao ne fit aucune objection à ce projet qu'il avait déjà accepté en principe le 18 août; il demanda seulement au maréchal
(1) Instruction relative au procès Bazaine, Déposition du colonel Stoffel ; Colonel Stoffel, loc. cit., 20.
(2) Procès Bazaine, Déposition du colonel Stoffel, 391.
(3) Les papiers secrets de l'Empire, 75.
64 DE CHÂLOINS A REIMS .
quelques explications « sur le mouvement et sur les conditions dans lesquelles il s'effectuerait (1) » . En réalité, Tarmée du prince royal était encore très éloig^née : ses trois corps de première ligne atteignaient, le 20 août, le cours de l'Ornain, sur le front Ligny-en-Barrois, Gondrecourt. Sa cavalerie avait poussé une avant-garde à Saint-Dizier. Quanta l'armée de la Meuse, elle était encore, en majeure partie, dans le voisinage immédiat des champs de bataille des ICî et 18 août.
Le 21 août, à 4 h. 30 du matin, l'armée de Mac-Mahon se mit en mouvement en deux colonnes. La division de cavalerie Bonnemains, soutenue par un bataillon d'infanterie, restait au camp jusqu'au lendemain, afin d'assurer dans la mesure du possible, l'évacuation des approvisionnements, du matériel et du campement (2).
Des ordres défectueux, une chaleur très forte, une poussière crayeuse, le manque d'entraînement d'une partie des troupes, la longue durée de l'étape rendirent cette première marche « des
(1) Le ministre de la Guerre au maréchal de Mac-Mahon, D. T., 20 août, 11 heures soir.
(2) Une partie des approvisionnements fut livrée au pillage avant d'être incendiée (Souvenirs du général Faulte de Vanteaux).