CONCEPTIONS DE PALIKAO
plus pénibles (1) » . Un ^rand nombre de soldats des rég^iments d'infanterie de marine et des régiments de marche restèrent en arrière (2) . L'armée vint, non pas se concentrer, mais s'entasser autour de Reims, comme à la veille d'une bataille, et cette situation était bien faite pour rendre le ravitaillement difficile et créer des encombrements.
Le maréchal de Mac-Mahon, après avoir visité les camps, arriva à son quartier général de Gourcelles vers 7 heures du soir. Il apprit que l'empereur l'avait fait demander, et que le président du Sénat, M. Rouher, s'était rendu auprès du souverain, de sa propre initiative, sans mission officielle, s'il faut l'en croire (3), mais avec l'intention de persuader au commandant en chef que l'armée devait se porter « non sur Paris, mais vers l'est, à la rencontre du maréchal Bazaine (4) » .
Le général de Palikao s'était montré moins absolu dans un télégramme de la matinée, tout en n'admettant pas le retour de l'armée sous les murs de Paris. A son avis, on pouvait choisir gntre deux partis : ou dégager promptement le maréchal Bazaine dont la position paraissait
(1) Maréchal de Mac-Maho::^, Souvenirs inédits; Ordre géné- •al du 12* corps ; Journal de marche de la 3® division du 1" corps.
(2) Mac-Maho:!^, Souvenirs inédits; Général LKiiRu:^, /oc. cù., 32. f3) Enquête..., I, 238, Déposition de M. Rouher. — Il semble
lifhcile d'admettre que l'impératrice et Palikao n'aient pas en- :ouragé, sinon conseillé cette démarche.
(4) Maréchal de Mac-Mauon, Souvenirs inédits.
« (les plus critiques » cl, à cet eflet, se diriger eu toute liàte sur Moutuiédy » ; ou marcher contre le prince loyal de Prusse dont la mission consistait à « entrer dans Paris où il serait proclamé empereur d\\lleuia(»ne (l) » .
A supposer que le maréclial de Mac-Mahon eût été obligée de se déterminer pour Tune ou Tautre de ces opérations, la seconde était certainement préférable à la première, car elle laissait à Tarmée, en cas d'insuccès, une ligne de retraite assurée soit sur la capitale, soit sur Troyes et Sens; elle était aussi plus rationnelle, car, autant le mouvement sur Montmédy devenait facile, une fois le prince royal mis hors de cause, autant il était d'une extrême témérité si Ton négligeait la IIP armée allemande.
Dans le cas où le maréchal de Mac-Mahon adop-terait la seconde solution, le ministre proposait ài l'empereur d'envoyer le 13' corps, qui s'organisaitl à Paris, vers la Ferté-sous-Jouarre, « où il serait le pivot dVin mouvement tournant de l'armée de Mac-Mahon, qui marcherait vigoureusement sur le flanc de l'armée prussienne, soit qu'elle prenne la route de Vitry, Ghampaubert et Montmirail, soit qu'elle se dirige par Vassy, Montiérender et Brienne (2) " .
(1) Le ministre de la Guerre à l'empereur, 21 août, D. T. Ch., 10 heures matin.
(2) Ibid.