MAG-MAHON AU-DEVANT DE BAZAIINE
intervenue pour modifier ses projets, mais surtout il a voulu affirmer aussi sa conviction du mouvement imminent ou déjà commencé du maréchal Bazaine vers Montmédy.
Sa décision prise, Mac-Mahon en informa aussitôt le ministre de la Guerre : « Le maréchal Bazaine a écrit le 19 qu'il comptait toujours opérer son mouvement de retraite par Montmédy. Par suite, je vais prendre mes dispositions pour me porter sur l'Aisne. Prévenez le Conseil des ministres et accusez-moi réception de cette dépêche (l) . "
Puis il rédig^ea un autre télégramme à l'adresse du maréchal Bazaine : « Reçu votre dépêche du 19. Suis à Reims; me porte dans la direction de Montmédy; serai après-demain sur l'Aisne, d'où j'agirai suivant les circonstances pour vous venir en aide. Envoyez-moi de vos nouvelles (2) . » Il chargea les commandants supérieurs de Verdun et de Montmédy et le maire de Longuyon de faire parvenir ce message « par des émissaires différents (3) » .
(1) JiC maréchal de Mac-Mahon au ministre de la Guerre, D. T., 22 août, 10 h. 45 matin.
(2) Le maréchal de Mac-Mahon au maréchal Bazaine, D. T., 22 août, 10 h. 45 matin.
(3) Le maréchal de Mac-Mahon au général commandant à Verdun, au commandant supérieur de Montmédy et au maire de Longuyon, D. T., Courcelles-lès-Reiius, 22 août. Ce télégramme parvint à Metz le 23 août (Procès Bazaine, Dépositions du colonel Lewal, 354, et du colonel d'Andlau, 358). — En prenant
Ces deii\ télégrammes, on le voit, ne font aucune mention d'une marche de Tarmée de Châlons jusqu'à Metz. Il s'a(}it seulement de se porter dans la direction de Montmédy jusqu'à l'Aisne; là, on aura sans doute des informations précises sur le mouvement et la situation de l'armée de Bazaine, et on lui viendra en aide par les moyens les plus appropriés aux circonstances du moment.
Les nouvelles que venait de recevoir le maréchal de Mac-Mahon étaient-elles suffisantes pour le déterminer à renoncer à son projet de retraite sur Paris? Les raisons, qu'il avait données la veille à M. Rouher pour l'expliquer et le justifier, cessaient-elles d'être admissibles le 22? Tl ne se croyait pas, avait-il déclaré le 21, en état de risquer de se trouver « au milieu des armées prussiennes » . Cet argument si sérieux n'était-il plus valable le lendemain? Bazaine exprimait, il est vrai, son intention déjà connue de marcher vers Montmédy et vers le nord, mais rien ne prouvait qu'il fût déjà en mesure de le faire, ni surtout qu'il fût en route. Il semblait, au contraire, d'après l'ensemble de la dépêche, que son armée fût définitivement rejetée sous Metz (i). Il y eut
connaissance du message, le colonel se serait écrié : « Ah! monsieur le maréchal, il faut partir tout de suite! » Bazaine lui aurait répondu : « Surtout, ne parlez de cette dépêche à personne » (Ihicl.J.
(1) Deux télégrammes du 22 août, adressés l'un à l'empereur,