‹ 1870 - SedanChapitre 39 sur 177 · DIRECTION DE LA MARCHE · texte numérisé non relu

DIRECTION DE LA MARCHE

donc, en réalité, de la part du maréchal de Mac- Mahon, une interprétation trop optimiste du télégramme de Bazaine.

Mais, une fois la décision prise, la direction de Montmédy était assurément celle qui répondait le mieux à la situation et au but à atteindre. C'était en effet sur Vouziers et Rethel que le maréchal de Mac-Mahon devait se porter pour tendre la main à Tarmée de Metz, à qui la route de Verdun était interceptée et qui ne pouvait effectuer sa retraite vers l'intérieur du pays que par les places du nord-est De plus, on côtoyait ainsi de moins près l'armée du prince royal de Prusse ; on évitait un des dangers du plan Palikao, qui prévoyait la marche d'une des colonnes sur Sainte-Menehould. L'opération, conduite avec prudence, offrait en outre relativement peu de périls, car, à supposer qu'au bout de quelques jours on apprît que Bazaine était toujours sous Metz, on pouvait rétrograder facilement vers la vallée de l'Oise. L'essentiel était de ne pas s'attarder sur l'Aisne et dans l'Argonne, mais de se replier rapidement vers le nord-ouest avant d'être atteint sur le flanc droit et sur les derrières par les colonnes de l'armée du prince royal de Prusse (l).

l'autre au ministre de la Guerre parlent même déjà d'investissement. Voir infrà, p. 84, 85.

(1) A. G., loc. cit., 28.

De retour à Paris, M. Rouher avait exposé au Conseil des ministres, réuni dans la matinée du 22, la démarche qu'il avait faite auprès du maréchal de Mac-Mahon et les résultats de la conférence tenue à Gourcelles la veille au soir. Le g^énéral de Palikao manifesta une vive contrariété en apprenant la détermination du maréchal de ramener l'armée sous les murs de Paris. Rien n'avait pu altérer sa confiance dans le plan qu'il avait formé, et son opinion s'affirmait de plus en plus catég^orique : Mac-Mahon devait marcher sur Metz; là était le salut. Il exposa au Conseil les raisons en faveur de cette entreprise; il développa les arg^uments qui, à son avis, en g^arantissaient le succès. Il n'eut pas de peine à convaincre la plupart des ministres, et le Conseil, à la presque unanimité, se rangea à son opinion. On rédig^ea aussitôt, à l'adresse de l'empereur, au nom du Conseil, un télégramme par lequel on le priait d'examiner encore une fois si le maréchal de Mac-Mahon ne devait pas se décider à marcher au secours de Bazaine (1).

Cette dépêche, expédiée à 1 heure de l'aprèsmidi, se croisa avec celle que le maréchal de

(1) Enquête..., Déposition de M, Rouher, I, 240; Pierre de LA Gorge, loc. cit., VII, 187.

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