MESSAGES EXPEDIES DE METZ
Mac-Mahon déclara plus tard qu'il ne pensait pas que l'empereur lui eût communiqué la dépêche entière; il se rappelait seulement que le souverain lui avait parlé de la mort du général Marg^uenat (l) .
La deuxième dépêche était adressée au ministre de la g^uerre. » Nous sommes sous Metz » , écrivait Bazaine à cette même date du 20 août, « nous ravitaillant en vivres et en munitions. L'ennemi g^rossit toujours et paraît commencer à nous investir. . . J'ai reçu une dépêche du maréchal de Mac- Mahon auquel j'ai répondu ce que je compte faire dans quelques jours (2) " . Le maréchal de Mac-Mahon a nettement affirmé après la g^uerre n'avoir « aucune connaissance de cette dépêche (3) " .
Le même jour, 22, le g^énéral de Palikao reçut, à une heure qui ne peut être précisée, un télég^ramme envoyé le 20 août par le g^énéral Goffinières, g^ouverneur de Metz, au colonel Turnier commandant supérieur de Thionville : «... Si vous êtes certain de faire passer une dépêche, vous pouvez dire que les Prussiens ont attaqué notre armée sur le plateau d'Amanvillers à douze kilomètres environ à l'ouest de Metz. Après un combat des plus vigoureux, nos troupes cédant
(i) Instruction relative au procès Bazaine.
(2) Le ministre reçut ce télégramme à 2 h. 20 de l'après-midi.
'3") Instruction relative au procès Bazaine.
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vers leur droite faute de cartouches, se sont retirées sous Metz et sont entassées entre Longevllle, Saint-Quentin, iMappeville, le Goupillon, et la droite au fort Moselle. C'est une assez mauvaise position, attaquable sur les deux faces de l'est et de Touest. Les Prussiens s'établissent fortement autour de nous et ne nous laisseront pas long^temps pour nous refaire. Nous avons 1 1 000 à 12 000 blessés dans la place et peu de ressources pour les soig^ner. "
Gomme la précédente, cette dépêche n'éveilla plus tard aucun souvenir dans l'esprit du maréchal de Mac-Mahon (l).
Enfin Bazaine avait expédié, également le 20 août, au maréchal de Mac-Mahon en personne, un troisième télég^ramme auquel le destinataire fut en droit d'attribuer par la suite une très grande importance (2). Il était conçu en ces termes : «J'ai dû prendre position près de Metz pour donner du repos aux soldats et les ravitailler en vivres et en munitions. L'ennemi grossit toujours autour de moi, et je suivrai très probablement pour vous rejoindre la ligne des places du Nord, et je préviendrai de ma marche si je puis toutefois l'entreprendre sans compromettre l'armée (3) . »
(i) Instruction relative au procès Bazaine.
(2) Maréchal de Màc-Maiion, Souvenirs inédits.
fd) Les inspecteurs délégués de l'état-major au colonel Stoffel,