TRANSMISSION DES MESSAGES
Ainsi il n'était plus question formellement, comme dans la dépêche du 1 9 août parvenue dans la matinée, de quitter Metz dans un délai de deux ou trois jours. Ce dernier télégramme, tout en envisag^eant comme très probable la reprise du mouvement vers l'ouest, faisait une réservée que ne mentionnaient pas les précédents, et qui était de nature à retenir sérieusement l'attention du maréclial de Mac-Mahon . Bazaine mettait en effet, à la marche ultérieure vers les places du Nord, la condition de ne pas » compromettre l'armée » . En tout cas, il préviendrait de son départ. Cette dépêche ne parvint jamais au maréchal de Mac-Mahon.
Gomment ces quatre messag^es avaient-ils été expédiés de Metz sur Paris et sur Reims?
Les trois télég^rammes destinés à l'empereur, au ministre de la Guerre et au maréchal de Mac- Mahon avaient été confiés le 20 août à une femme courageuse, Mme Imbert, qui, franchissant les lignes prussiennes, les remit, le 21 août, à midi, au colonel Turnier, commandant supérieur de Thionville (1) . Des duplicata de ces télégrammes et la dépêche du général Goffinières lui parvinrent à peu près en même temps par l'in-
D. T., Longwy, 22 août, 4 h. 50 soir. — Ces inspecteurs étaient Miès et Rabasse, envoyés en mission à Longwy par le colonel Stoffel (voir suprà, p. 62).
(1) Procès Bazaine, 333.
termédiaire de l'adorent de police Flahaut (l). Le télégraphe étant définitivement coupé à l'ouest de Thionville depuis 10 heures du matin, Turnier transmit ces quatre messa(jes en deux expéditions qui furent confiées : l'une à M. Guyard, commissaire de police cantonal à Longwy, l'autre à M. de Bazelaire, candidat à l'École polytechnique, qui se rendait à Paris par la Belg^ique et Givet (2) . Guyard porta les pièces au lieutenantcolonel Massaroli, commandant de la place de Long^wy, qui envoya directement à l'empereur le télégramme qui lui était destiné, au ministre de la Guerre la dépêche du g^énéral Goffinières, et remit ensuite les orig^inaux aux inspecte rs de la sûreté Miès et Rabasse. Ceux-ci expédièrent le 22, à 4 h. 50 de l'après-midi, au colonel Stoffel, les trois télég^rammes émanant de Bazaine et la dépêche du g^énéral Goffinières. De son côté, M. de Bazelaire, arrivé à Givet le 22, à 1 heure de l'après-midi, envoya ég^alement les trois mêmes télég^rammes à l'empereur, au ministre de la Guerre, au maréchal de Mac-Mahon.
On sait que les messag^es adressés à l'empereur et au g^énéral de Palikao arrivèrent à destination dans l'après-midi du 22 août. Il n'en fut pas de même du télég^ramme transmis en double au maréchal de Mac-Mahon, à la fois par Miès et
(1) Procès Bazaine, 221.
(2) yéù/.,364, 365.