PROJET D'OFFENSIVE GÉNÉRALE
avait eu d'ailleurs une plus grande répercussion.
Le maréchal de Mac-Mahon a reçu, à Tourteron, dans la soirée du 26, le rapport du général Douay qui lui représente une attaque comme très prochaine. Il prend aussitôt le parti de diriger le lendemain toute l'armée vers le sud pour appuyer Douay auquel il prescrit « de s'engager carrément » , si l'ennemi se présente. Le 7® corps doit être soutenu : à droite, par Ducrot, qui remonterait l'Aisne par Terron et Vandy; à gauche, par de Failly, qui déboucherait sur Buzancy; en seconde ligne, par Lebrun et les cuirassiers Bonnemains. La division Margueritte surveillerait « toutes les routes dans la direction de Stenay et de Dun (I) » . Cette décision du maréchal est absolument justifiée : il s'agit avant tout de voir clair dans la situation et de se rendre compte du danger signalé vers le sud.
L'apparition de ce que l'on croit être « des forces considérables (2) » sur le flanc droit de l'armée de Ghâlons est en effet un événement d'une gravité exceptionnelle, d'autant plus que le maréchal de Mac-Mahon n'a reçu dans la soirée du 26 aucune nouvelle sur Bazaine. Aussi invite-t-il le colonel Stoffel « à faire de nouveaux
(1) Journal de marche de l'État-major général; Ordre de mouvement pour le 27 août.
(2j C'est l'expression même de l'ordre de mouvement du grand quartier général français pour la journée du 26 août.
efforts pour découvrir... l'armée de Metz (1) » . Le maréchal adresse en outre au commandant de la place de Sedan une lettre pressante dans le même but :
« Il est de la plus haute importance de savoir en ce moment où se trouve le maréchal Bazaine. Employez donc tous les moyens possibles pour avoir de ses nouvelles. Je mets à votre disposition tous les fonds nécessaires : 10 000, 15 000, 20 000 francs à quiconque me rapporterait un mot de lui me faisant connaître sa situation.
« Vous avez à Sedan le capitaine du g^énie Mélard que l'on dit très intelligent, très énergique. Ghargez-le de trouver des agents capables de remplir cette mission. S'il voulait s'en charger lui-même, il rendrait au pays un immense service. S'il ne pouvait parvenir jusqu'au maréchal, ce serait déjà beaucoup de s'assurer qu'il n'a pas quitté Metz et, dans le cas contraire, de savoir quelle direction il a prise. Tenez-moi au courant des nouvelles que vous pourriez recueillir (2). »
A cette lettre est jointe une dépêche destinée au maréchal Bazaine et que le commandant de la place de Sedan est chargé de lui faire parvenir :
« J'occupe, aujourd'hui 26, Vouziers et le Ghesne avec plus de 100 000 hommes. L'ennemi, en forces, étant déjà entre la Meuse et l'Aisne,
(1) Maréchal de Màc-Màhoit, Souvenirs inédits,
(2) Ibid.