BOMBARDEMENT DE PHALSBOURG
forme l'extrême gauche, se présente devant Phalsbourg. Sommé de se rendre, le chef de bataillon Taillant, commandant la place, oppose un refus formel; menacé d'être bombardé, il se borne à répondre : « J'accepte le bombardement (l) » . A la tombée de la nuit, soixante bouches à feu ouvrent une violente canonnade et lancent en trois quarts d'heure un millier d'obus sur la ville ; puis, constatant que la garnison ne se laisse pas intimider, le XP corps reprend sa marche. Une fraction du VP corps, qui suit, est chargée du blocus. Elle exécutera, le 14 août, un nouveau bombardement plus intense, mais aussi infructueux que le premier.
Le 11 août, le prince royal acquiert enfin, grâce aux renseignements de la population, la certitude que la retraite de Mac-Mahon et de Failly s'est effectuée de Niederbronn et de Bitche sur Sarrebourg. Le VP corps, de la IP armée, devant séjourner le 1 1 aux environs de Sarre- Union, oblige l'aile droite de la IIP d'appuyer au sud, ce qui rétrécit le front et contraint la 12' division et un corps bavarois à passer en seconde ligne. La 4^ division de cavalerie atteint Heming avec mission d'éclairer vers Lunévilleet Nancy (2i .
(i) Historique du grand Etat-major prussien, IV, 384. — Le prince royal se proposait seulement d'investir la ville; mais l'ordre portait par erreur einschiessen (bombarder) au lieu de einchlicssen (bloquer).
(2) Ihid., IV, 385; Von Hahxkk, Ioc. cit., 96.
Le lendemain, 12, la IIP armée termine son déploiement sur la Sarre, occupant une étendue de 15 kilomètres à peine entre Sarrebourg^ et Fénestrang^e; de Heming^, sa cavalerie gag^ne Moyenvie et jette un escadron de hussards à Lunéville.
Dans la nuit du 12 au 13, le prince royal reçoit de Moltke des ordres pour la continuation de la marche : la IIP armée devra se dirig^er sans désemparer vers la lig^ne Nancy, Lunéville (1). Ses colonnes se portent donc le 13 sur le front Dieuze, Blâmont, tandis que Tartillerie de la 4^ division de cavalerie bombarde Marsal, occupée par 271 hommes seulement du dépôt du 65"* de lig^ne, sans un seul canonnier. Les inondations qui font la principale force de cette petite place n'ont pu être tendues, l'étang de Lindre, qui devait les alimenter, étant en culture en 1870. Néanmoins, le capitaine Leroy rejette à deux reprises les offres de capitulation. Le lendemain, quarante-deux pièces du IP corps bavarois s'apprétentà reprendre le feu, et le général von Hartmann menace, en cas de « résistance frivole » , de prendre la ville d'assaut et de « passer toute la garnison au fil de l'épée (2) » . La capitulation
(1) Coi'respondance militaire du maréchal de Moltke, I, n" 149.
(2) Journal du commandant de la place de Marsal.