LA IIP ARMEE SUR LA MEURTHE
est signée dans la journée, bien qu'aucune brèche n'ait été faite aux remparts et, au mépris des règ^lements, Leroy s'abstient de détruire les armes, le matériel, les vivres, les munitions (l).
Sur ces entrefaites, la 4^ division de cavalerie occupe Nancy; les corps de tète de la IIP armée atteig^nent le front Moyenvic, Lunéville; la i2^ division est à Dieuze, le P'^corps bavarois à Maizières, en deuxième ligne. A Lunéville, les Allemands trouvent des approvisionnements importants et apprennent que Mac-Mahon s'est retiré sur Ghâlons; le général de Failly se serait dirigé vers le sud dans les Vosges méridionales (2) .
Le 15, le V corps borde la Meurthe à Saint- Nicolas et à Rozières; le XP jette deux ponts à Bayon et pousse une brigade mixte jusqu'au Madon; le gros de l'armée stationne sur la ligne Einville, Moncel, Sommerviller, Arracourt. Le VP corps séjourne à Sarrebourg. La 2* division de cavalerie, qui a franchi la frontière à Wissembourg, le 1 1 août seulement, atteint Sarrebourg et est chargée de couvrir la gauche de l'armée (3) .
Le 16, la majeure partie des troupes reste
(1) Le Conseil d'enquête sur les capitulations lui infligea un blâme (séance du 18 octobre 1871).
(2) Historique du grand État-major prussien, IV, 392; Vo:< Hàhnke, loc. cit. y 105.
(3) Ibid., IV, 393. — Le W corps bavarois se porte de Moncel à Nancy; le V® corps jette deux avant-gardes sur la rive gauche de la Meurthe,
au repos; le quartier général du prince royal est transféré de Lunéville à Nancy; la 4® division de cavalerie atteint la route de Toul à Golombey. Une brigade de uhlans bavarois, accompagnée d'une batterie à cheval, s'approche de Toul par Gondreville et, apprenant qu'un combat est engagé au nord de la Moselle et du canal de la Marne au Rhin, elle se porte sur Dommartin, d'où, pour faire diversion, la batterie jette quelques obus dans la place forte.
Le combat dont il s'agit est livré par le I V corps qui tente de s'emparer de Toul par une attaque brusquée. A partir de 1 1 heures, deux batteries, dont l'une est établie au mont Saint-Michel, bombardent la ville; puis, à une heure, trois bataillons se portent vers les remparts du front nord. Quelques fractions arrivent jusqu'aux glacis, mais échouent au passage du fossé et, vers 3 heures et demie, les Allemands se replient sans avoir obtenu d'autre résultat que d'allumer quelques incendies promptement éteints (I).
Au quartier général du prince royal, on ne sait encore, le 17 août, rien de précis sur la situation du 5^ corps français, que l'on croit s'être retiré vers le sud; mais tous les renseignements recueillis permettent de conclure à une concen-
(1) Ils ont perdu : 50 tués, dont 6 officiers; 141 blessés, dont 11 officiers; 9 disparus (Historique du grand État-major pj ussien, IV, 394).