LA IIP ARMEE SE PORTE SUR PARIS
Paris, en marchant au sud de la lig^ne du chemin de fer, et formera trois colonnes principales : le IP corps bavarois sur la g^rande route de Saint- Dizier; le V® corps et la division wurtembergeoise marchant de Vaucouleurs, par Démange et Morley, sur Rachecoiirt-sur-Marne ; le XP corps s'acheminant par Gondrecourt sur Joinville; le P"^ corps bavarois suivra le IP bavarois; le VP corps, le XP. La 4^ division de cavalerie passera en deuxième ligne derrière le Y" corps, la 2" se portera de Vaudemont, par Greux, sur Dainville. Le front de Tarmée sera d'environ 22 kilomètres (1). Le 18, un parti de hussards prussiens rencontre près d'Ancerville notre IP chasseurs à cheval; le 19, il aperçoit dans cette région un bataillon français ; un autre détachement est reçu h coups de fusil à Ghevillon; une escarmouche de cavalerie a lieu près d'Aulnois-en-Perthois. Mais ce contact, le premier qu'on ait obtenu depuis la traversée des Vosges, est aussitôt perdu. Après une marche de dix kilomètres seulement, la 4^ division de cavalerie, arrivée à Menaucourt, est autorisée, grâce aux protestations de son chef, le prince Albrecht, à demeurer provisoirement devant le front de l'armée, mais il lui est interdit de franchir la Marne (2) .
(1) Vo.N Haunke, Die Operatioitcn fier III. Armée, 83 — La traduction française de cet ouvrage est erronée en ce qui concerne la 2^ division de cavalerie.
(2) Historicjue du grand État-major prussien, VII, 899.
Sur ces entrefaites , les corps de première ligne de la IIP' armée atteig^nent la Meuse le 19; le IP corps bavarois a laissé autour de Toul une brigade d'infanterie, un régiment de cavalerie et deux batteries (1). Au quartier général demeuré à Nancy, revient dans la matinée du même jour un officier d'état-major qui a assisté à la bataille de Saint-Privat. Ses impressions sont si peu rassurantes que le prince royal songe à « rétrograder d'une marche en se concentrant » , et il ne renonce à ce projet qu'en apprenant dans la soirée la retraite des Français sous les forts de Metz (2) .
Le 20 août, les corps de tête de la IIP armée atteignent l'Ornain sur la ligne : Ligny-en-Barrois, Tréveray, Houdelaincourt, Gondrecourt; les avant-gardes sont poussées au delà de la rivière, la 4^ division de cavalerie esta Stainville et Ancerville, la 2^ vers Martigny d'où elle annonce que vraisemblablement les troupes françaises ont effectué leur retraite sur le camp de Ghâlons par voie ferrée (3) .
Après s'être rendus dans la matinée à Pontà-Mousson où ils ont une entrevue avec le roi de Prusse etMoltke, le prince royal et le général von Blumenthal gagnent Vaucouleurs où a été trans-
(1) Histojique du grand État-major prussien, VII, 900.
(2) Tagebûcher... Blumenthal, 80-81.
(3) Historique du grand Etat-major prussien, VII, 901.