OUVERTURE DE LA SEANCE
forces devait former une nouvelle armée, dite de Ghâlons, sous les ordres du maréchal de Mac- Mahon. Quel en serait l'emploi?
Dans la matinée du 16 août, l'empereur avait quitté le maréchal Bazaine à Gravelotte en lui recommandant de ne pas compromettre l'armée de Metz, en raison de la possibilité d'une intervention de l'Autriche (1) . Accompagné du prince impérial et du prince Napoléon et escorté par la brig^ade de chasseurs d'Afrique du g^énéral Mar- {jueritte, il avait g^agné Verdun et de là Mourmelon.
Le 17 août, de grand matin, le souverain réunit en conférence au quartier impérial le prince Napoléon, le général Berthaut, commandant les mobiles de la Seine, le général Trochu et le général Schmitz, chef d'état-major général du 12' corps. Le maréchal de Mac-Mahon, qui venait d'arriver au camp, fut également convoqué et arriva quelque temps après l'ouverture de la séance (2) .
On ignorait encore à ce moment les événements qui, la veille, s'étaient produits à Rezon-
nationale, Dépositions du maréchal Canrobert, IV, 272, et du général Schmitz, II, 277.
(1) Renseignement verbal qui nous a été donné par M. le général B., témoin de l'entretien.
(2) Enquête..., I, 128; Discours du général Trochu, du 13 juin 1871, à l'Assemblée nationale; Maréchal de Mac-Maho-, Souvenirs inédits.
ville. L'empereur savait seulement que le maréchal Bazaine se trouvait en présence des armées du général von Steinmetz et du prince Frédéric- Charles, mais il supposait que le maréchal avait continué sa marche, commencée le 14 août sur Verdun et le camp de Châlons (1). Par contre, on avait si^ifualé la présence à Nancy, le 15 août, d'une forte masse ennemie, puis le lendemain le passage, à Bayon et à Charmes, de colonnes importantes appartenant, comme la précédente, à l'armée du prince royal de Prusse évaluée à 180 000 hommes. Déjà les coureurs allemands avaient été vus à Commercy; un détachement de
5 000 hommes, comprenant les trois armes, avait atteint Saint-Mihiel (2).
L'empereur prit le premier la parole en demandant au général Berthaut son avis sur le camp de Châlons et sur la garde mobile. La réponse fut nette : le camp était un terrain « d'études, de manoeuvres » , mais il n'offrait « aucune position défensive » ; on y était à la merci d'un coup de main (3) . S'expliquant ensuite sur la garde mobile, lé général Berthaut fit ressortir qu'elle manquait d'instruction, et que son armement était incomplet. Il ne fallait pas songer
(1) Voir notre ouvrage 1870, la Guerre en Lorraine.
(2) Bulletin de renseignements des 14, 15, 16 août.
(3) L'Empire et la défense de Paris devant le jury de la Seine (1872), Déposition du général Berthaut, 133, et réponse du général Trochu, 414.