‹ 1870 - SedanChapitre 65 sur 177 · PROJETS DE MOLTKE · texte numérisé non relu

PROJETS DE MOLTKE

de l'armée de la Meuse sera poussée au loin vers le nord et le nord-ouest, et atteindra en particulier Vouziers et Buzancy. Des instructions dans ce sens sont expédiées par Mollke, le 25, à 11 heures du matin (1) .

Tandis que les troupes exécutent Tétape, on étudie plus en détail au g^rand quartier g^énéral, à Bar-le-Duc, rhypothèse d'un mouvement de Mac- Mahon sur Metz. En admettant que le maréchal fût parti de Reims le 23, il pouvait être arrivé vers Vouziers le 25, et commencer à franchir la Meuse le 27, entre Dun et Stenay. Sans doute, il serait possible de réunir le 20 les trois corps de l'armée de la Meuse sur la lig^ne Montfaucon, Varennes, Vienne-le-Ghâteau, et d'attaquer les Français le 27, sur la rive g^auche de la Meuse. Mais on jug^e avec raison que ces forces ne seraient pas suffisantes pour assurer le succès dans la lutte contre une armée de 120 000 à 130 000 hommes, et il est impossible de compter sur le concours de la IIP armée trop éloignée. Aussi Mollke décidc-t-il de ne s'opposer aux entreprises de l'armée de Ghàlons que sur la rive droite de la Meuse dans la ré(jion de Damvillers où il pourra réunir le 28 août toute l'armée de la

(1) Correspondance militaire du maréchal de MoUhe, I, n° 205. — On observera que, pour la première fois depuis le début de la campagne, Moltke donnait une mission bien déterminée et des objectifs précis à la cavalerie d'exploration.

Meuse, les deux corps bavarois formant Taile droite de la IIP armée, et deux corps prélevés sur ceux qui sont chargés du blocus de Metz (1). Ainsi, avec une masse de 150 000 hommes, une supériorité numérique décisive lui sera acquise et, avec elle, se présentent de très grandes probabilités de remporter la victoire. Moltke établit donc, dans Taprès-midi du 25, et pour lui seul, un projet de conversion partielle des armées allemandes vers le nord, d'après lequel seraient concentrés à Damvillers, le 28 août : la Garde, les IV*' et XIP corps constituant Tarmée de la Meuse, les IP et IX® corps venus de Metz, les P"" et IP corps bavarois de la IIP armée (2) .

Si les Français marchent lentement, ou si le XIP corps, le plus à proximité de la Meuse, parvient à les retarder au passage, on peut espérer les joindre à Pouest de Damvillers. Dans ce cas, d'autres éléments de la IIP armée seront en situation d'intervenir et se substitueront avantageusement aux deux corps envoyés de Metz par Frédéric-Charles. Toutefois, même dans cette hypothèse, il importe de ne pas modifier momentanément la direction de marche de ces unités de la IIl® armée. Une conversion immédiate à droite les eût placées en effet en troisième ligne derrière l'armée de la Meuse, suivie elle-

(1) Historique du qiand Etat-major prussien, VII, 931-934.

(2) Correspondance militaire du mare'chal de Moltke, I, n" 208.

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