‹ 1870 - SedanChapitre 73 sur 177 · REPONSE DE PALIKAO · texte numérisé non relu

REPONSE DE PALIKAO

les forces de Tennemi. Contre le dehors, Paris se gardera; les fortifications sont terminées. Il me paraît urgent que vous puissiez parvenir rapidement jusqu'à Bazaine. Ce n'est pas le prince royal de Prusse qui est à Châlons, mais un des princes, frère du roi de Prusse, avec une avantgarde et des forces considérables de cavalerie. Je vous ai télégraphié ce matin deux renseignements qui indiquent que le prince royal de Prusse, sentant le danger auquel votre marche tournante expose et son armée et l'armée qui bloque Bazaine, aurait changé de direction et marcherait vers le nord. Vous avez au moins trente-six heures d'avance sur lui, peut-être quarante-huit. Vous n'avez devant vous qu'une partie des forces qui bloquaient Metz et qui, vous voyant vous retirer de Châlons à Reims, s'étaient étendues vers l'x\rgonne. Votre mouvement sur Reims les avait trompées, comme le prince royal. Ici tout le monde a senti la nécessité de dégager Bazaine, et l'anxiété avec laquelle on vous suit est extrême (1) » .

Ce télégramme parvient au Chesne le 28 août à une heure du matin, et jette le maréchal de Mac- Mahon a dans une grande hésitation (2) » . Deux partis se présentent : ne tenir aucun compte de

(1) i.e ministre de la Guene à l'einpereur, D. T. Ch., Paris, 27 août, 11 heures soir.

(2) Maréchal de Mac-Mauon, Souvenirs inédits.

15i LA ROUTE DE SEDAN

cette sorte de sommation du ministre de la Guerre et refuser de porter secours à un collèg^ue dont la situation est si critique, ou risquer de compromettre g^ravement son armée. Dans cette cruelle incertitude, le maréchal fait appeler Ducrot en qui il a « grande confiance " , et lui demande son avis au sujet de la continuation de la marche sur Montmédy. Ducrot répond que ce mouvement «présente, selon lui, des dangers » . Il est persuadé toutefois « qu'en jetant toute notre cavalerie sur notre droite, on pourrait arrêter la marche de l'ennemi et arriver à rejoindre le maréchal Bazaine (l) ». Un pareil optimisme surprend de la part d'un homme de la valeur militaire de Ducrot.

D'après son témoignage postérieur aux événements, Mac-Mahon fut influencé par deux autres considérations : «Croyant devoir céder aux observations si nettement exprimées par le ministre de la Guerre, et espérant que le gros de l'armée du prince royal de Prusse n'était pas encore assez rapproché de moi pour m'empêcher de rejoindre le maréchal Bazaine, qui pouvait, en définitive, être en marche pour me rejoindre, je pris la résolution de marcher sur Montmédy (2). »

Les ordres donnés la veille pour la retraite de

(1) Maréchal de Mac-Mahon, Souvenirs inédits. (2] Enquête sur les actes du gouvef'nement de la Défense nationale, Déposition du maréchal de Mac-Mahon, I, 33.

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