‹ 1914-1915 [i.e. mille neuf cent quatorze jusqu'a mille neuf cent quinze]; la préparation de la guerre & la conduite des opérationsChapitre 2 sur 18 · LA G · texte numérisé non relu

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décision de faire jouer la variante prévue à la concentration des 4° et 5e armées, par conséquent détendre notre aile gauche vers le nord en remontant notre centre de gravité.

Le 3 août, autorisation donnée au corps de cavalerie de pousser ses divisions à Test de Mézières, et le 5 août, ordre au même corps de cavalerie de pénétrer en Belgique pour précise! le contour apparent de l'ennemi et retarder ses colonnes.

Entre le 6 et le 8. on sait qu'une armée allemande, o«i Ton trouve des éléments de 5 corps d'armée, marche sur Liège et est engagée contre les forées belges. Le groupe principal des armées allemandes semble être autour de Metz, devant Thionville et dans le Luxembourg. Il est en posture, si Liège tombe, de déboucher vers l'ouest en élargissant son mouvement sur Bruxel-

les et an delà. Mais l'ennemi peut également, si la résistance opposée par Liég? l'y oblige converser vers le sud et appliquer toutes ses forces sur notre frontière, entre Metz et Namur, en s appuyant sur la place de Metz.

Ces éventualités, mûrement envisagées, la décision est prise et communiquée aux armées le 8 août (1) « de rechercher la bataille toutes- forces réunies, en appuyant au Rhin la droite du dispositif». Et pour bien orienter les exécutants sur les adaptations prévues du plan à la situation où sera l'ennemi au moment de son exécution, il est spécifié que la gauche du dispositif serait reportée au besoin en arrière, pour éviter un engagement qui pourrait être décisif pour l'une des armées avant le moment où les autres seraient en

I Instruction générale n° 1 du 8 août 7 heures.

mesure de l'appuyer; au contraire, l'aile gauche serait portée en avant, dans l'hypothèse où la droite ennemie serait retardée devant Liège ou se rabattrait vers le sud. C'est bien l'application de l'idée maîtresse qui a présidé à la conception du plan, de ne livrer la bataille qu'en ayant toutes nos forces en main.

Une instruction générale comme celle-là n'est pas un ordre qu'il faut exécuter le lendemain. Ce sont des directives suivant lesquelles les exécutants orientent leurs dispositions. Des directives de cette nature peuvent amener une bataille seulement dix ou douze jours après.

Toute précision plus grande eût été prématurée, puisqu'à l'heure où cette instruction paraissait, les transports de concentration n'étaient commencés que depuis le 5 août et ne devaient prendre fin que le 18 août.

La période qui débute au 14 août pour aboutir à la bataille des frontières du 2L août voit la pensée directrice des opérations se développer et se confirme au fur et à mesure des événements.

Le plan d'ensemble comporte une attaque principale menée par nos forces de gauche : ces forces, il importe donc, en premier lieu, de les étoffer le plus possible.

Une série de mesures échelonnées jusqu'au 16 août y pourvoit.

La 3e armée s'accroît ainsi d'une division de réserve (1). Elle en recevra deux autres du 21 au 23 août.

La 6e armée se voit renforcée de deux divisions d'Afrique, d'un groupe de divisions de réserve, de tout un corps d'armée prélevé sur la deuxième armée (2).

(1) 65e division de réserve.

(2) 37e et 38e divisions d'infanterie, 4e groupe de réserve, 18r corps d'armée.

'SU la rriiKHi:i:

La \* armée reçoit deux divisions (1).

Pais le rôle de la 3e armée comportant sa participation aux opérations de gauche, il fallait libérer piv^ressrvement cette armée du souci de couverture de son flanc droit contre les forces pouvant déboucher de Metz. Il fallait donc investir cette place par l'ouest.

Deux mission?, l'une offensive, Faut re défensive: deux chefs.

C'est l'objet, d'abord, d'un ordre du 16 août (2), qui donne mission an ;>e groupe de D. B., tout en restant attaché à la 3e armée, de commencer l'investissement du front de Metz; ensuite, d'un erdre du 17 août (3) qui constitue l'armée de Lorraine destinée à masquer puis à investir le camp retranché de Metz. Et cette mission com-

(1) I. 1). I. du 9* G. A. — La division du Maroc. (-2) 0 rire particulier n° H du 16 août à la 3e armée. (3) Ordre particulier n° 14 du 19 août à la 3 armée.

porto ! i o ii la réoccupation de la région de Brie y.

Enfin, le plan général d'opérations adapté chaque jour à la situation devient définitif et, le 21 ao«t, arrive à la réalisation.

Dans ses grandes lignes, il consiste :

À faine l'effort principal par le Luxembourg et le Luxembourg belge, en menaçant ainsi les communications des forces allemandes qui franchissaient la Meuse entre Namur et la frontière hollandaise : c'est la tache dévolue aux 4e et 3e armées.

A produire avec les lre et 8e armées un effort secondaire entre Metz et les Vosges pour accrocher l'ennemi que l'on sent glisser vers l'ouest, et qui pouvait se porter dans le flanc de nos armées attaquant en Luxembourg.

Enfin, ne laissant mùin rideau clans

la forêt des Ardcnnes, à contenir les forces allemandes qui déboucheront de la Meuse, le temps nécessaire pour que l'attaque des armées du Luxembourg lasse sentir son action. C'est la mission des trois armées d'aile gauche : 5e armée française entre Sambre et Meuse ; armée britannique poussée vers Mons et armée belge, à qui l'armée britannique doit progressivement donner la main.

C'est bien d'une opération stratégique menée avec la coopération de toutes nos forces qu'il s'agit. Mais les trois actions envisagées, quoique faisant partie d'un même ensemble, ne doivent pas se déclancher simultanément. Il faut d'abord accrocher l'ennemi, l'amener à engager le plus de forces possible là où Ton n'a pas l'intention d'emporter la décision et, en tout cas, s'efforcer de lui interdire leur transport sur d'autres parties du front.

L'effort secondaire se produira donc le premier. S'il peut prendre appui au tthin par sa droite — ce sera la tâche de l'armée d'Alsace — il se trouvera en excellente posture pour durer et

s organiser.

Durant toute cette période, au cours de laquelle le plan d'opérations s'est précisé et adapté à la situation générale résultant des renseignements reçus sur l'ennemi, l'idée de l'investissement de Metz, condition essentielle de la reprise de possession de la région de Briey, est constamment demeurée et a même été explicitement exprimée dans divers ordres. Du sort de la bataille qui allait se livrer dépendait la réussite de cette opération, toujours envisagée.

L'offensive prévue ne réussit pas.

Ce n'est cependant pas la supériorité du nombre qui nous a écrasés. Les diverses mesures qui avaient été prises

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