LE QUARTIER DE L'EGLISE
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1 f| I J . — LA GUERRE PU DROIT.
à une ambulance du 14e corps qui abritait 1 5o blessés. On tâchait de les sauver sous un feu terrible. L'un d'eux, mortellement atteint, voyant près de lui l'aumônier israélite, M. Abraham Bloch, rabbin de Lyon, le prit pour un aumônier catholique et lui demanda le crucifix. Le rabbin alla demander un crucifix à son collègue, l'aumônier catholique. A l'instant où il présentait la croix au moribond, il s'affaissa, lui aussi, mortellement atteint, et rendit l'âme dans les bras que lui tendait l'aumônier catholique, le R. P. Janin, de la Compagnie de Jésus. Le frère de ce rabbin de Lyon, mort au champ d'honneur, était grand-rabbin à Bruxelles. Il fut condamné par les Allemands à six mois de prison et déporté en Allemagne pour avoir, dans un sermon, souhaité au roi de Belgique un prompt retour à Bruxelles, en comparant l'exode des populations belges à la fuite en Egypte et en appelant sur l'ennemi les dix plaies.
Un officier blessé nous dit : « Parmi nos soldats les plus braves se trou vent souvent un eu ré et toujours un instituteur. Comment de tels hommes ne se rendraient-ils pas justice et ne s'aimeraient-ils pas? Il y a vingt-cinq mille instituteurs qui combattent. Beaucoup d'entre eux auront mêlé leur sang au sang des curés ».
Nous avons maintes fois, sur le front, serré la main à des instituteurs nommés lieucenants ou capitaines, et nous avons toujours admiré la façon dont ils parlaient à leurs soldats. On sentait dans leurs moindres paroles, toujours si simples, si claires et si pratiques, une fraternelle cordialité. A les observer sans les connaître, on n'aurait jamais pu deviner leur fonction et leurs travaux du temps de paix. Pas un trait de pédantisme ! Pas un accent qui rappelât la chaire! C'étaient des hommes plus expérimentés qui, en toute amitié, s'adressaient à d'autres hommes. On a raison de louer sans réserve les instituteurs devenus officiers. Mais que dire de certains autres qui sont restés simples soldats ! Ceux-là n'ont pas eu à commander, pas même à parler. Ils n'ont prêché que d'exemple. Quand, après quelque terrible effort, on demandait, à leur section brisée de fatigue et non encore ravitaillée, un effort nouveau, ils étaient les premiers à reprendre le sac, vivement, sans un mot. Et toute la section de les imiter. Ceux-là n'auront peut-être jamais de grade, ni même de citation. Nous les en admirons encore davantage. Puissent-ils trouver, exprimée en ces lignes, un peu de la reconnaissance de la patrie!
Le moratoire.
« Pour contribuer à tout apaiser à l'intérieur »,un décret en date du 3 1 juillet 19 14 prorogeait dt trente iours francs les délais des effets de commerce et des protêts.