GENERAL HUMBERT
67O l'i!-)- — LA GUERRE I>U DROIT.
s'appliqua a couvrir la IVe année contre toute attaque venant du nord-ouest. L'année de von Hausen s'était emparée de Signy-l'Abbaye et marchait vers Dommery que notre division marocaine (général Humbert lui disputait si bravement. A la fin, pus du village de la Fosse-à-l'Eau, l'ennemi fut complètement battu. Mais, conformément aux ordres reçus, nous continuâmes à nous retirer.
L'ennemi expliqua ses revers par des imprudences commises dans l'ivresse du succès. Il repéta : « On pensait anéantir tout de suite les armées françaises et anglaises. Aussi, ne se demanda-t-on pas si on disposait des forces, des ressources et du temps nécessaire ». Sans doute l'ivresse, au figuré comme au propre, doit compter parmi les causes des revers allemands. Mais ces causes sont plus nombreuses que l'Allemagne ne le croit. Le Haut Commandement de Guillaume II en a avoué une. en mettant à la retraite le chef de la IIIe armée, von Hausen, qui « aurait dû passer plus vue la Meuse ». L'armée de Lanrezac eût été fort compromise, si von Hausen. arrivant de Dinant, avait promptement opéré sa jonction à Rocroi avec le duc de "Wurtemberg. Grâce à ce retard, Lanrezac fut sauvé au combatde Haybes.
Le 28 août, la 60e division de réserve attaqua devant Sedan, vers Pont-Maugis. La puissance de l'artillerie ennemie rendit cette offensive extrêmement difficile. Malgré tout, nous réussîmes à reprendre le bois de la Marféeet la colline de Noyers. Nous atteignions la Meuse. Mais l'ennemi s'était fortifié dans les maisons de Pont- Maugis. L'attaque allait être reprise, quand arriva l'ordre de retraite.
Le même jour, le i 7e corps, après une tentative malheureuse dans la direction de Mouzon, se rep ia vers Tannay. Au centre de l'action, le 12e corps général Roques) devait fournir un simple effort près de Jaulnay, près d'Yoncq et près de Raucourt. Appuyé par une partie du corps colonial, il avait pour objectifs Yoncq et La Belle- Épine.
Vers trois heures de l'après-midi l'artillerie lourde de l'ennemi, installée aux environs de Mouzon et d'Inoir. nous lorça à quitter la Belle-Epine pour la Besace. La 47e brigade, lancée en hâte vers Villemontry et la Meuse, bouscula l'ennemi près d'Yonck. En ce moment, la IVe armée, touchée par l'o-dre de retraite générale, dut gagner sans délai le cours de l'Aisne, pour y préparer une antre série d'attaques.
Ainsi se terminait la bataille de la Meuse. E le avait brisé l'offensive de l'ennemi, en lui coûtant à la fois beaucoup de temps et de sang.
Dans nos armées, aucune brèche ne s'était produite. Au contraire, nous en apercevions une dans les armée- allemandes.
Pour la mettre à profit, le Haut Commandement créa, ie 28, un nouveau groupe d'aimées qu'il confia au général Foch, enlevé au 20e corps.
Ce détacheme n comprenait le 9e corps, le 11e (général Eydbux), la 60e et la ?2e division de réserve, la 9e division de cavalerie et la 42e division d'infanterie. Sa mission était de fermer la vallée de l'Aisne, de joindre ses efforts à ceux de la Ve armée et de protéger la IVe armée sur sa gauche.
Le général Foch inspirait la plus grande confiance à l'armée. Ses élèves de l'Ecole de guerre faisaient pénétrer partout son enseignement. » Qu'est-ce qu'une défaite? C'e<t une bataille qu'on croit perdue. Qu'est-ce que vaincre: C'est crier victoire. »
Le kronprinz, qui marchait vers Verdun et Saint Mihiel. avait trouvé devant lui la IIIe armée. Notre victoire d'Étain ne lui laissait plus, vers Verdun, qu'un couloir unique.
Guillaume II, pour envoyer au feu tout ce qui avait quelque valeur de combat, mobilisa le landsturm pour le service des étapes et l'occupation de la Belgique.
L'Allemagne devait, dans la suite, insister sur cette mobilisation du landsturm et sur la nécessité où elle s'était trouvée de transporter des troupes sur le front
russe. Elle alla même jusqu'à prétendre que tel de ses corps d'armée, par exemple le 6e, de l'armée active, avait quitte le Iront français. En réalité, nous avions toujours ce corps en face de nous.
Notre IIIe armée s'était préparée, sinon à arrêter les Allemands sur la Meuse, du moins à retarder leur im.rche. Le général Ruffey établit son quartier général à Varennes. Il fit creuser des tranchées et prescrivit d'employer des civils, pour hàier le travail qu'il dirigea:': par d'excellentes instructions. Pas un instant à perdre. Le général Grossetti, sen chef-d'état major, écrivait. Je 28 août : « Des forces ennemies considérables ont opéré au nord cenfe la IVe armée : elles tendent sans doute à déboucher du front Stenay- Beaufort-Beauclair. »
La IVe armée, qui battait en retraite, laissait à découvert la gauche de la IIIe. Le 3o, le général Ruffey donna ordre augénéial Sarrail, commandant le Ge corps, de se préparer à repousser toutes les tentatives de l'ennemi vers Siv. y- Yliosn.es, et au général Boelle, commandant le 4e corps, d'attaquer, vers Yil!ers-devant-Dun.
Quelques heures après, le générai Sarrail remplaçait le général Ruffey au commandement de ia IIIe armie. Son premier ordre fut : « Demain, 3i août, la inarche sera reprise vers Beaumont-Yerdun ».
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