‹ 1914 (volume 2)Chapitre 122 sur 161 · MINISTERE DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

MINISTERE DE LA GUERRE

(Photo Manuel.)

(1) Quand nous demandâmes au général Galliéni, en lui remettant le texte du premier fascicule de ce livre, comment on devait comprendre son mot d'ordre, il nous répondit :

— Au pied de ia lettre : rue par rue, maison par maison.

— C'est juré, mon général.

la gui Ki-ii riu riRoir.

demanda : « Que comptez-vous faire? » Pour toute réponse, le généralissime tendit au ministre l'instruction qu'il avait, l'avant-veille, dictée pour l'armée. Ce schéma d'une manœuvre, c'était le plan de la bataille de la Marne.

Le grand théoricien allemand de la guerre, Bernhardi, avait articulé cette sentence : » II n'y a pas de ville au monde qui ait l'importance de Paris ». Au moment où l'armée de von Kluck marchait sur Paris, le Lokal An\eiçer déclarait : « La semaine prochaine, nous entrerons dans la capitale de la France. En vingt-quatre heures, nous aurons exterminé la seule armée française qui existe et qui luit devant nous.

Le général von Kluck a les instruction-; nécessaires pour dicter à Poincaré et à ses ministres les ordres souverains de notre empereur. Paris recevra une forte garnison allemande. Les Français nous remettront la totalité des armes qu'ils possèdent sur leur territoire. Les garnisons allemandes occuperont tous lesdé parte m en ts français. Nous garderons en otage les membies du gouvernement. Lès à présent, la guerre est terminée ».

Les Allemands avaient résolu de piller et de détruire Paris. Le grand quartier général allemand faisait dire a l'ambassadeurd s Etats-Unis, M. Myron Herrick :« Il est préférable pour vous de quitter votre poste et de chercher en province un asile plus sur ». L'ambassadeur américain ne bougea pas. Il voulait être un témoin, en attendant mieux. De quels yeux nous regardions alors notre Paris menacé ! Le paysage des quais nous semblait plus élégant et plus délicieux que jamais. Les palais, les églises, les monuments pleins de souvenirs, se miraient noblement le long du beau fleuve. Sous un ciel délicat frotté de rose, l'eau, rafraîchie par la verdure des grands arbres, déployait sans fin la palpitation de ses moires. Sur ses bords se pressaient des péniches qu'on avait, en hâte et pêle-mêle, ramenées vers nous pour les sauver de l'envahisseur. Étaient-elles sauvées? En ami nous dit : « Ce serait dommage de perdre cela ». Il nous montrait les péniches. Mais nous ne voyions que les richesses morales qui font de Paris la Ville sans pareille!

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