‹ 1914 (volume 2)Chapitre 130 sur 161 · A DIXMUDE · texte numérisé non relu

A DIXMUDE

(Photo Meurisse.)

les Flandres plus de 200000 jeunes gens, qu'elle appelait des « volontaires ». Et, avant le ier janvier 191 5, pour combler des vides sans cesse plus nombreux, elle put jeter dans la fournaise quatre nouveaux corps formés avec la même prodigieuse rapidité.

L'énorme attaque allemande, commencée le i3 octobre, se concentra vers Dixmude, dans la nuit du 20 au 21. Sous les moyens nouveaux de destruction que l'ennemi mettait en oeuvre : artillerie lourde à tir plus rapide et lance-flammes {Minenwerfer) plus puissants, Dixmude s'anéantit et l'armée belge plia.

Forcée d'abandonner Keyem et Beerst, l'armée belge désespéra de défendre l'Yser. Ses dernières réserves avaient été engagées. Les munitions lui faisaient défaut. Bienque nos héroïques fusiliers marins eussent repris Beerst, l'état-major belge voulait se replier sur Dunkerque.

Foch devina cette résolution. Il accourut.

— On peut encore tenir, toujours tenir. Vous n'avez qu'à choisir une ligne de défense. Celle-ci, par exemple.

Et Foch soulignait de l'ongle, sur une carte, le remblai de la voie ferrée de Nieuport à Dixmude.

Î.A GUKRRE DU DROIT.

Il ajouta :

— Pour assurer votre défense, nous appellerons l'eau à votre secours. L'inondation a sauvé jadis la Hollande. Elle sauvera aujourd'hui la Belgique.

> L'eau devint, en effet, un prompt et admirable rempart. Un capitaine trouva un garde qui connaissait à fond les écluses de Nieuport. En hâte, on boucha les ponts du chemin de fer et, le 28, on ouvrit les écluses. Tout de suite, chez l'ennemi,

l'artillerie s'enlizait et l'infanterie fuyait sans tourner la tète. Le suprême lambeau du sol belge était soustrait à l'ennemi.

A nos alliés de Belgique, Foch avait assuré un autre secours que, depuis la ba'.aille de la Marne, le monde militaire pouvait estimer à sa valeur : le secours de la 42* division (généralGrossetti). Une contre-attaque de cette vaillante division avait infligé à l'ennemi une humiliante leçon. Foch consacra notre succès en installant, le 24, son quartier général à Cassel.

Mais l'ennemi n'avait nullement renoncé à son entreprise. Le 3o, après une préparation d'artillerie lourde où l'on reconnaissait les canons formidables du siège d'Anvers, il se précipita sur le secteur belge; ses colonnes s'avançaient comme d'interminables machines de guerre, au son aigre des fifres, au bruit ligneux des tambours plats, aux accents rauques de la chanson Deutschland ïiber ailes.

Après avoir enlevé Ramscapelle, entre Nieuport et Dixmude, il creva le centre de nos alliés.

Mais la 42e division reparut. D'une charge à la baïonnette, elle rompit les colonnes allemandes et en bouscula au loin les débris. L'ennemi ne put tirer d'affaire que ses canons les plus légers.

Le même jour, devant Dixmude, même attaque en masses contre le 1" corps britannique. Sous les proj ectiles de gros calibre et les assauts forcenés, nos alliés cédaient du terrain. Leur repli laissait à découvert notre 9e corps. Le général Dubois envoya à leur secours toutes les troupes qui ne lui étaient pas absolument indispensables. Renfort insuffisant. Il dut s'adresser à Foch pour avoir des réserves.

Sur-le-champ, dans la nuit, Foch se rend à Saint-Omer, où le maréchal French a son quartier général. Au moment de se faire introduire, il regarde sa montre à la ueur d'une allumette. Une heure et demie du matin ! Qu'importe? Le temps presse. Ilfaut réveiller French :

— Monsieur le Maréchal, avez-vous encore des forces disponibles ? — Te n'en ai plus.

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