LES COSAQUES CAMPES EN PPL'SSE ORIENTALE
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magne à regardci vers la Pologne, vers la Russie, vers la Turquie, vers le monde de l'Islam, où la force allemande allait se manifester irrésistible.
La presse allemande glorifiait, avec une ardeur croissante, les victoires remportées récemment par Hindenburg en Prusse orientale. Pour les théoriciens militaires au service de Guillaume II, la bataille de Tannenberg était exactement semblable à celle de Cannes, et Hindenburg qui, comme Annibal, avait su attirer .ses adversaires pour les envelopper et les détruire, était supérieur à Annibal, puisqu'il assurait la victoire définitive à son pays.
Sanglantes alternatives.
Il fallut à la presse allemande une habileté toute spéciale pour masquer l'insuccès auquel courait cet Annibal prussien.
Au commencement d'octobre de la même année 1914, les armées russes battirent Hindenburg à Augustowo et le rejetèrent impitoyablement derrière ses chers lacs de Mazurie.
D'autre part, les armées russes du Sud, sous la conduite de Broussiloi et de
Rousski, avaient pénétré en Galicie orientale, battu les Autrichiens à Lemberg, investi Przemysl, longé les monts Carpathes et gagné les environs de Cracovie.
Enfin les armées russes du centre, ayant achevé leur concentration derrière la Vistule, avaient poussé leur marche victorieuse jusqu'à la ligne Lublin- Kholm et rejeté les Autrichiens vers la Galicie.
Guillaume II usa alors de la seule méthode dont on puisse tout attendre : il réalisa l'unité de commandement, en obtenant, sur les armées austro-hongroises, la même autorité que sur les armées allemandes.
Grâce à la situation privilégiée des Empires centraux dans la Guerre du Droit, il envoya, par toutes les voies ferrées, des renforts à l'armée d'Hindenburg, qui, en secret, se réorganisait au lond de la Silésie.
Au signal de l'Empereur allemand, les troupes autrichiennes firent une bruyante diversion vers Przemysl, tandis que Hindenburg se dirigeait à marches lorcées vers la Vistule movenne. Mais son avance lut arrêtée net par l'armée du grand-duc Nicolas : il dut regagner la Silésie. Allemands et Autrichiens étaient battus en même temps.
Hindenburg réorganisa son aimée dans une légion plus septentrionale, près de
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Thorn Sur un second signal de Guillaume II, cette armée attaqua entre la Vistule et ;a Wartha, pendant que les Autrichiens franchissaient les Carpathes et entreprenaient une manœuvre d'enveloppement sur l'aile gauche des Russes.
Tout d'abord, les Allemands semblèrent l'emporter. Tandis que leur armée de Thorn, confiée à Mackensen, se ruait en colonnes massives vers Lods, une autie armée, qu'ils avaient formée en Silésie, s'avançait vers la Wartha à marches forcées. Mais le grand-duc Nicolas obtint de ses troupes un magnifique élan. Mackensen, cerné le 24novembre 1914, ne s'échappa qu'en faisant massacrer la moitié de ses troupes. Quant aux Autrichiens, ils furent battus au débouché des Carpathes.
Guillaume II, généralissime des forces allemandes et austro-hongroises, entreprit une troisième tentative vers Varsovie. Il nomma Hindenburg maréchal et le lança vers Lods pour crever le front russe. La ville de Lods fut -prise, mais le Iront russe ne céda pas.
Quatrième tentative. Le 12 février 191 5, Guillaume II, méprisant les rigueurs de l'hiver aussi bien que les difficultés des communications, reconstitua l'armée d'Hindenburg, dans la Prusse orientale, et la lança vers Varsovie, à travers la région des Lacs. Les Russes durent abandonner la région des Lacs. Mais, le 27 février iqi5, Hindenburg, en marche vers Varsovie, fut battu à Prasniczet laissa aux mains du grand-duc Nicolas, avec un important matériel de guerre, près de 1 2 000 prisonniers.
Le grand-duc Nicolas résolut alors de pousser à fend une attaque dans la région des Carpathes. Depuis le col de la Dukla jusqu'au col d'Ujok, à travers des obstacles qui semblaient insurmontables, les troupes russes avancèrent superbement. Le 22 mars igib, Przemysl leur ouvrait ses portes. La Hongrie allait donc être envahie.
La Dunajec et la retraite russe.
Plus que jamais, Guillaume II avait besoin d'une victoire éclatante. Plus que jamais, il pouvait et devait la chercher sur le front oriental. Par les agents qu'il entretenait en France, il savait que l'armée française ne tenterait pas de grande oflensive tant que son matériel de guerre ne serait pas largement complété. En secret, il entassa des troupes dans le sud, près de la Silésie et aux environs de Cracovie, sous le commandement de Mackensen. Il lui envoya toute l'artillerie lourde que la maison Krupp venait d'achever, et il y ajouta, au dernier moment, neuf divisions prises sur le front français.
Ces divers préparatifs furent achevés vers le ib avril 191 5. Alors, il eut recours à tout un système de diversions. Il précipita en Cour-lande plusieurs divisions de cavalerie. Tandis que les bulletins officiels de Berlin célébraient bruyamment les foudroyants effets de ce raid, Mackensen qui, depuis le ier mai, attendait le signal, jeta ses colonnes massives et son artillerie lourde sur la Dunajec.
Le grand-duc Nicolas ordonna la retraite. Les arrière-gardes russes surent résister, jusqu'à la mort. Tous les accidents dont le sol se hérisse étaient employés à épuiser l'ennemi. Les forteresses étaient défendues jusqu'à l'extrême limite, puis vidées. A chaque instant, des charges à la baïonnette permettaient-de maintenir la cohésion de l'armée qui se repliait.
L'ennemi s'empara de la Galicie, de la Pologne, de la Courlande, de la Volhynie.
Pendant ces mois, si terribles pour la Russie, l'émotion était grande en France. Au début de l'offensive allemande, nos amis de Russie nous avaient dit : « Varsovie
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sera abandonnée, s'il le faut. » Etcommc nous rejetions cette idée, ils avaient ajouté : « Toutes nos places fortes du Nord-Ouest seront abandonnées de même, parce qu'il le faudra. »
Vers la fin d'août 191:», après avoir combattu du sud au nord, sur le Sercth, sur le Dniester et sur la Lipa, comme sur le Bug, sur la Vistule, sur la Narew, sur le Nic:men, sur la Duna et dans le golfe de Riga, les armées russes se regroupèrent en un front solide qui s'étendit de Riga au Dniester.
Guillaume II proc'amait :« La Russie est désormais hors de cause. » A quoi les Russes fidèles répondaient en prêchant « la guerre sainte ».
Le 6 septembre 191 E>, le Tsar envoya le grand-duc Nicolas au Caucase, en qualité de vice-roi, et prit lui-même le commandement de ses troupes d'Europe. Il voulait ainsi montrer sa ferme résolution de continuer la lutte jusqu'à la victoire. Peut-être aussi se sentait-il plus en sûreté au front qu'à l'arrière.
Pendant le reste de l'année iqid, ses armées, par de sanglants combats, particulièrement, au nord, près de Riga, au sud, sur la Styr et surlaStripa, continuèrent à barrer la route à l'envahisseur.
Pour équiper ses soldats, il mit toutes les usines à la disposition des autorités militaires. Pour les armer, il eut recojrs aux États-Unis, au Canada, au Japon. Le Japon, dont nous allons voir le rôle pendant la Guerre du Droit, lui expédia des canons et des fusils avec leurs munitions.
Depuis la première heure, la France et l'Angleterre aidaient de leur mieux la Russie. Les transports ne pouvaient se faire ni par la mer Noire, ni par la Baltique, ni par les chemins de fer européens : toutes ces voies étaient coupées par l'ennemi. Il fallait donc passer soit par le chemin de fer transsibérien, soit par l'océan Glacial ou par l'océan Pacifique. Sur l'océan Pacifique, on réussit à débloquer pendant tout l'hiver, avec des brise-glaces, le port de Vladivostok. Sur l'océan Glacial, le port d'Arkhangel, pendant tout l'hiver, restait bloqué. Mais, au nord-ouest d'Arkhangel, sur la côte mourmane, prèsde Kola, le gulf-stream a raison desglaces. On construisit une voie ferrée qui rattacha la côte mourmane a Pétrograd. Enfin on rendit plus praticablele cheminde fertranssibérien, qui permettait à la Russie de communiquer, pendant toute l'année, avec le Canada et le Japon.
L'alliance japonaise.
A la veille du conflit sans pareil qui devait ensanglanter le monde, le Japon disposait d'une flotte et d'une armée dont personne n'ignorait plus la valeur.
Sa marine comptait 14 cuirassés, prêts à entrer en campagne et déplaçant 223600 tonnes. Parmi ces cuirassés, se trouvaient 4 anciens bateaux russes : hi\en,Sun'o, Sagami et hvami, qui avaient un déplacement de 12000 à i3 000 tonnes et portaient chacun 4 canons de 3o5 ; le Fugi, de 12 5oo tonnes, qui portait aussi 4 canons de 3o5 : le Schikishima, VAsaki et le Misaka, dont le déplacement était supérieur à i5ooo tonnes, et qui portaient chacun 4 canons de 3o5; le Katori, le Kagoshima, l'Aki, en construction pendant la guerre russo-japonaise, et dont l'armement était, pour chacun d'eux, de 4 canons de 3o5 et de 12 canons de 234 ; enfin le Kawatschiet \eSettson, de 2 1 100 tonnes et de 21 nœuds, portant chacun 12 canons de3o3 millimètres et datant de la même époque que les dreadnoughts. Venaient ensuite 14 croiseurs cuirassés, déplaçant 168800 tonnes, parmi lesquels le Kongo, construit en Angleterre, qui portait 8 canons de 356 et avait une supériorité incontestable sur le trop fameux Gœben ; les Tsukuba, ïkoma, Ihtki et Kurama, armés
YOSHI-HITO
Empereur du Japon
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d'une artillerie de 3o5 millimètres; le Nishin et le Kassuga, de 7 800 tonnes. achetés en Italie au début de la guerre contre la Russie. Les 8 autres : A^uma, Iwate, Id^umo, Asama, Tokima, Iakumo et Aso (ce dernier ex-Ba^on, de la flotte russe), armés de pièces de 2o3 millimètres et tous ayr>nt une vitesse supérieure à 20 nœuds. Aux 28 navires de combat s'ajoutaient 16 petits croiseurs, d'une vitesse de 20 à 23 nœuds, 52 contre-torpilleurs, 16 torpilleurs et i3 sous-marins.
L'armée japonaise comprenait, sur le pied de paix, 76 régiments d'infanterie
LA FLOTTR JAPONAISE.
(le régiment est d'environ 80 officiers et 1 734 hommes); 27 régiments de cavalerie (•21 officiers, 486 hommes); 25 régiments d'artillerie de campagne (36 canons, 662 hommes); 19 bataillons du génie et 10 bataillons du train. Effectif total en temps de paix : 25oooo hommes.
Le Japon tenait les yeux fixés sur le protectorat allemand de Kiao-Tcheou, enclavé dans la province chinoise de Chan-Toung. Les Allemands s'y étaient établis, le 18 novembre 18)7, sous prétexte de venger le meurtre de deux missionnaires. Ils y possédaient une zone de 200 milles carrés^, à bail, pour 1,9 ans. Sur les 200000 habitants de cette zone, 4 000 à peine étaient de sang germanique ( 1).
Derrière ce premier domaine s'étendait une zone neutre de 2 5oo milles carrés, avec 1 200 000 habitants. Quant au reste de la province chinoise, avec 26 millions d'habitants et une superficie égale au quart de l'Allemagne, elle était, pour les Allemands, une sorte de « chasse réservée ». Ils y exploitaient des mines; ils y avaient construit 5io kilomètres de chemins de fer, et ils possédaient le droit d'y construire de nouvelles lignes.
Ajoutons qu'ils espéraient bien tirer un parti extrêmement avantageux de l'extraordinaire article suivant, qu'ils avaient introduit dans le traité conclu par eux
(1) Voir le premier volume de la Guerre du Droit, page 103.
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avec la Chine, le 6 mars 18118 : « Si, à quelque époque que ce ût, les Chinois formaient des projets pour le développement du Chan-Toung, piojets dont l'exécution exigerait des capitaux étrangers, le gouverne ment chinois ou les Chinois quelconques qui pourraient être intéressés dans cesprojets devraient, en premier lieu, s'adresser à des capitalistes allemands. LesChinois devraient aussi s'adresser à des fabricants allemands pour l'outillage et les matériaux nécessaires, avant d'entrer en pourparlers avec les labricants d'aucun autre pays. Si les capitalistes ou les labricants allemands refusaient d'entreprendre l'atiaire, en ce cas seulement les Chinois auraient la liberté de se procurer de l'argent et des matériaux dans des milieux d'une nationalité non allemande. » C'était là un monopole dont les Japonais devaient se préoccuper au plus haut point.
La province de Chan-Toung est située à l'entrée du golfe de Petchili, où se trouvent Pékin et Tien-Tsin. En face se trouve le Liao-Toung, que détenaient les Japonais. Les deux adversaires étaient donc lace à face.
Sous le titre de Kiaietchou, ou « l'Action de l'Allemagne dans l'Asie orientale », M. Georges Franzius, conseiller de l'Amirauté allemande, publia, avec la collaboration de Guillaume II lui-même, un livre qui montre à quel point l'Allemagne tenait à son protectorat de Kiao-Tcheou. Dans ce livre s'étalaient des portraits significatifs, ceux de Guillaume II, du prince Henri de Prusse, des personnalités qui avaient participé à la prise du port de Chan-Toung. On y voyait en outre, près d'un reitre coiffé d'un casque à pointe, une carte de répartition des bateaux allemands, japonais et russes. Sur la première page était reproduit un grand dessin en couleur, exécuté par Guillaume II et signé de son paraphe. Ce dessin représentait un Allemand décoré de la Croix de fer des chevaliers et déployant le drapeau de la marine allemande; l'Aigle impérial volait au-dessus de sa tête ; dans le fond, des bateaux de guerre allemands s'avançaient vers le rivage chinois; au-dessous une légende, également signée Wilhelm 1. R., proclamait : « La terre où repose un Allemand mort en accomplissant un pieux devoir envers la patrie, la terre où l'Aigle allemand a abattu ses griffes, est allemande et demeure pour toujours allemande. • L'Empereur prétendait symboliser ainsi la conquête définitive de Kiao-Tcheou et des contrées avoisinantes.
Les ambitions germaniques en Extrême-Orient ne pouvaient qu'inquiéter le Japon. D'autre part, un traité d'alliance, signé le 1 2 août iqo5, le liait en c-s termes à l'Angleterre: « Si l'une des parties contractantes se trouve en état de guerre pour la défense de ses intérêts, l'autre partie se portera au secours de son alliée à titre de belligérante et elle ne signera la paix que d'accord avec celle-ci. »
Le 16 août K)i4, le gouvernement japonais, par l'intermédiaire de son ambas-
POSTIF.RS JAPONAIS CLASSANT I.\ CORP ESPONDANCK.
t Q 1 4- — La guerre dû droiî.