‹ 1914 (volume 2)Chapitre 135 sur 161 · VAISSEAUX DE GUERRE JAPONAIS A KIAO-TCHEOU · texte numérisé non relu

VAISSEAUX DE GUERRE JAPONAIS A KIAO-TCHEOU

sadeur à Berlin, d'accord avec Londres, Paris et Pétersbourg, fit remettre au gouvernement allemand un ultimatum qu'il communiqua à l'ambassadeur d'Allemagne à Tokio, dans l'après-midi du i 5. Il demandait au gouvernement allemand : i° le rappel ou le désarmementimmédiat de tous les navires de guerre allemands qui se trouvent dans les eaux chinoises et japonaises ; 2° la remise au Japon, sans conditions ni compensations d'aucune sorte, du protectorat allemand de Kiao- Tcheou. avectoutî'outillage qui s'y trouvait. Cette remisedevait avoir lieu, au pi us tard, le 1 5 septembre, en vue d'une restitution éventuelle de Kiao-Tcheou à la Chine.

La réponse de l'Allemagne devait être adressée à Tokio dans un délai de huit jours.

Du premier coup, le Japon avait appris à parler à l'Allemagne le seul langage qu'eile put comprendre. De plus, il faisait savoir aux puissances qu'il demeurait fidèle au principe du maintien de l'intégrité de la Chine. Ses opérations éventuelles en territoire chinois devaient donc rester limitées aux frontières du protectorat allemand dans le Chang-Toung.

Le 23 août, avec une sorte de précision mathématique, il déclara la guerre à l'Allemagne. Ordre était donné à l'armée et à la flotte japonaises de commencer les hostilités.

Une escadre japonaise, escortée de transports chargés de troupes, se dirigea vers Kiao-Tcheou. L'opération ne devait atteindre que les établissements allemands sut la côte de la mer Jaune. Mais le Japon comptait bien que, le jour où la question d'Extrême-Orient ne serait plus embrouillée et envenimée par une trop puissante Allemagne, cette question se résoudrait entière « pour le plus grand profit de la civilisation et pour la plus longue durée de la paix iuture ».

L'enlèvement si prompt de Kioa-Tcheou a, d'un seul coup, anéanti le prestige des Allemands en Chine et, sur l'heure, les a empêchés de mettre à exécution leur grand projet de transformer, à leur profit, l'Extrême-Orient en s'unissant aux révolutionnaires chinois

D'autre part, la belle flotte japonaise, à la lormation de laquelle avait si puissamment contribué le Directeur des constructions maritimes françaises, notre éminent ami M. Emile Bertin, fit sans relâche la chasse aux pirates allemands. Elle assura ainsi la sécurité à la navigation des Alliés, jusqu'au jour où commencèrent les déloyales et lâches entreprises de la guerre sous-marine. Ce furent des vaisseaux japonais qui, en 1 9 1 G, amenèrent les troupes russes vers le front franco-britannique.

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