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AUX BALKANS

En Turquie.

La Turquie, dès qu'elle eut encaissé, jusqu'au dernier louis, la somme que la France avait souscrite à l'emprunt turc, était entrée en guerre contre la France et ses alliés. Elle laissait la direction de ses troupes au général allemand Liman von Sanders, qui avait, depuis si longtemps, installé chez elle une forte mission militaire; achetait les croiseurs allemands Gœben et Breslau ; changeait leurs noms en noms turcs, comme pour ajouter l'ironie à la provocation et, sans aucune déclaration de guerre, les envoyait bombarder les ports russes de la mer Noire. Sur l'heure, les trois ambassadeurs de France, d'Angleterre et de Russie, M. Bompard, sir Louis Malet et M. de Giers, durent quitter Constantinople.

Enver-Pacha et Talaat-Pacha jouaient leur suprême partie ou, pour mieux dire, la laissaient jouer par Guillaume IL Ils consentaient à n'être que des instruments dociles entre ses doigts ensanglantés.

Cet Enver, aventurier de basse extraction, était parvenu, à force de viles et impudentes intrigues, à entrer comme aide de camp chez le gouverneur de la Macédoine, Himli-Pacha. Tout de suite, il avait pris part à toutes les conspirations qui se tramaient à Salonique. Par ses soins, l'attention universelle avait été appelée sur le « Comité Union-Progrès », que soutinrent bientôt des financiers allemands, austrohongrois, anglais et français. Les adversaires qui se dressaient sur son chemin mouraient tous d'une façon mystérieuse, dont on disait qu'elle était trop claire. Plus d'une fois, il faillit payer de sa vie ses succès. On le retrouva, en 1909, attaché militaire à Berlin. Quand la révolution bouleversa la Turquie, il courut se ranger aux côtés de Mahmoud-Chefket, en marche sur Constantinople, et travailla à détrôner Abdul-Hamid. Le Comité Union-Progrès présida au destin de la Turquie. Le petit aventurier rêvait de devenir un grand homme de guerre. Il s'appliqua premièrement à jouer au Napoléon; mais un voyage à Potsdam lui fit préférer le rôle de Guillaume IL De Potsdam, il alla à Londres, pour se rendre compte des sentiments qui animaient l'Angleterre. C'étaient les plus pacifistes du monde. Après avoir ramassé force promesses allemandes, il récoltait plus d'un applaudissement anglais. Un homme d'État britannique le compara même à Garibaldi. Là-dessus, il retourna à Constantinople, où il ne dissimula plus son mépris pour une Angleterre qui désarmait. Lorsque la guerre éclata entre la Turquie et l'Italie, il tint médiocrement son rôle trop lourd de guerrier. Aussi, lorsque éclata la guerre entre la Turquie et les Balkaniques, comme s'il prévoyait les défaites de Kirk-Kilissé et de Lule-Burgas, il se déchargea de toute responsabilité sur Nazim. Mais, malgré ces défaites écrasantes, les Turcs, conseillés par les Allemands, réussirent à faire tomber les Balkaniques dans le vieux piège prussien de l'armistice. Enver Pacha organisa pour lui-même, en iyi3, une entrée triomphale à Andrinople. Ayant épousé la nièce du sultan, il

saisit sans hésiter les rênes du pouvoir. Jusqu'à la Guerre du Droit, lui qui n'était, au fond, qu'un terroriste abject au service de l'Allemagne, lut assezretois pour tromper un grand nombre d'Anglais et de Français, avec des déclarations à la Jean-Jacques ou plutôt à l'Anachars s Clootz. Aujourd'hui, le voilà battu et démasqué. Il finiia, poignardé ou pendu.

Quant à Talaat-Pacha, Son Altesse le grand-vizir Talaat-Pacha, que recevait l'empereur d'Allemagne et que fêtait l'empereur d'Autriche, il n'était, au moment de

L ESCADRE FRANCO-BRITANNIQUE QUI REÇUT Ml

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