‹ 1914 (volume 2)Chapitre 150 sur 161 · LE PUBLIC VIENT VERSER SON OR A LA BANQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

LE PUBLIC VIENT VERSER SON OR A LA BANQUE DE FRANCE

Les petite? attaques : Argonne, Aisne, le Hartmannswillerkopf,

le bois le Prêtre, le Bois-Mortmare, Arras, Langemark ;

les premiers gaz asphyxiants.

Au commencement de 191b, nos attaques avaient toutes pourbut d'aguerrir nos hommes, de sonder les organisations ennemies et d'empêcher l'Allemagne de diriger ses réserves vers la Russie en danger.

Les principaux combats de igi 5, sur le front français, eurent lieu sur l'Yser, près d'Arras, près de Soissons, en la région des Hurlus,en Argonne et en Alsace.

I Q I 4 I. A GUERRE DU nsoiT.

Dans les très durs combats de l'Argonne, au bois de la Gruerie, les petitsfils de Garibaldi, qui étaient venus combattre pour la France, versèrent héroïquement leur sang sous le drapeau français. Six d'entre eux ont reçu chez nous le baptême du leu, le lendemain de Noël 1914. Ordre avait été donné d'enlever une tranchée. On approcha en rampant jusqu'à trente mètres de l'ennemi. Tout à coup, un des Garibaldi cria : « Pour la France et pour l'Italie, en avant ! » Avanti ! c'était l'éternel refra-in du grand-père. Une lusillade terrible coucha à terre beaucoup des assaillants, sans arrêter l'assaut. Bruno Garibaldi, atteint d'une balle au bras gauche, se fit panser en hâte par un camarade : « Le bras droit est bon : tout va bien ! » Quelques minutes après, une balle le frappait à la poitrine. Il s'appuya contre un arbre. Quatre autres balles l'y clouèrent, comme à une croix. Ses camarades le vengèrent en mettant In fuite l'ennemi. Au retour, on apprit que Bruno était mort en murmurant : « Embrassez pour moi mon père et mes irères ». Ses deux aînés, Ricciotti et Beppino, cherchèrent son corps jusqu'à la nuit tombante. Quand

enfin ils l'aperçurent de loin, ils constatèrent que le tir des Allemands ne permettait pas d'aller jusqu'à lui.

Tout de suite, on se mit à l'œuvre : un souterrain lut creusé. Le lendemainsoir, lestrois irères de Bruno lui rendirent son baiser.

Bruno avait vingt-sept ans. C'était le troisième fils de Ricciotti. Il dirigeait à Cuba une grande labrique de sucre. Les Garibaldi ont le goût des entreprises hardies, dans la paix comme dans la guerre. Dès qu'il avait appris que l'Allemagne déclarait la guerre à la France, il était allé droit chez nous, sans s'arrêter en Italie même pour embrasser sa mère. Son père, notre illustre ami le général Ricciotti Garibaldi, possède au plus haut point, pour1 supporter l'épreuve, les vertus garibaldiennes : courage, enthousiasme, abnégation.

A une des premières affaires de 191 5, l'Allemagne prétendit donner le caractère d'une victoire, parce que Guillaume II y assistait. Nos troupes s'étaient engagées, le 8 janvier, sur la rive droite de l'Aisne, près de Soissons, et avaient progressé, pendant quatre jours, avec d'incontestables succès. Mais l'ennemi contre-attaqua avec des forces très supérieures. Gomme d'autre part, paraît-il, une crue de l'Aisne faisait craindre la rupture des ponts et passerelles, notre haut commandement donna l'ordre de repli. Cette opération s'accomplit dans la nuit du i3au 14, grâce au dévouement superbe de nos zouaves et à l'habile ténacité de nos artilleurs. Au cours du repli, quelques-uns de nos canons restèrent aux mains de l'ennemi avec les cadavres des soldats et des chefs qui avaient voulu les défendre jusqu'au bout. L'ennemi précipitait sur nous ses renions en masses inépuisables et qui semblaient absolument inconscientes.

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