‹ 1914 (volume 2)Chapitre 19 sur 161 · MAISON NATALE DU GENERAL JOFFRE · texte numérisé non relu

MAISON NATALE DU GENERAL JOFFRE

(Photo Clara.)

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doubles ». C'était une façon de due que l'élève Joffre faisan deux classes par an. Au concours général, il enleva ù la baïonnette le premier pi ix de mathématiq les,

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le premier prix de géométrie descriptive, le premier prix de dessin et le troisième accessit d'histoire. Ni le jeu ni même la promenade ne le tentaient. La lecture était sa récréation et sa récompense. De là son surnom de taciturne.

l..\ GUERRE DU DROIT.

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A l'École polytechnique où il entra avant la lin de sa dix-septième année, il eut pour rival et pour ami Henri Poincaré, le grand mathématicien. Il occupait le quatorzième rang. « C'est la faute de l'allemand, murmurait-il. Je l'écorche ». En mathématiques, Poincaré et Joffre se serraient de près. Quand un problème passait pour insoluble, d'ordinaire tous deux le résolvaient, Poincaré, en une minute, et Joffre, en un quart d'heure. En mécanique, Jollre l'emportait quelquefois. Chacun d'eux avait sur la conscience un poème de jeunesse : Poincaré. une tragédie consacrée à Jeanne la Libératrice ; Joffre, une ode sur l'Alsace-Lorraine qui se terminait ainsi :

J'ai pour rêve de joie et vision d'amour

L'éclair de nos fusils en marche vers Slrasbourg.

Henri Poincaré mourut trop tôt pour voir Joffre réaliser leur rêve.

Pendant la guerre de 1870, les élèves de l'Ecole furent nommés sous-lieutenants et employés aux travaux de la défense de Paris. Capitaine en 1876, Joffre tint garnison à Pontarlier, à Montpellier, puis à Mont-Louis, comme chef de génie. En i8S5, atteint par un chagrin secret,- il partit pour l'Extrême- Orient, se distingua dans l'expédition de Formose et devint chef du génie à Hanoï. De retour en France, il fut attaché, en 18x8, à la direction du génie au ministère de la Guerre. Nommé chef de bataillon, il fut, en 1891, chargédu cours de fortifications à l'Ecole d'Application de Fontainebleau. En 1891, il dirigea une mission au Soudan, où il s'éleva au grade de lieutenant-colonel. C'est lui qui, dans la région de Tombouctou, conduisit d'une façon si habile l'expédition qui vengea le massacre de la colonne Bonnier. Dès qu'il rentra en France, en 1896, on lui confia le poste de secrétaire de la Commission d'examen des Inventions. En 1901, comme général de brigade, il commanda la 10e brigade de Vincennes, puis fut nommé directeur du Génie au ministère de la Guerre. Comme général de division, il commanda, en 1905, la 6e division

d'infanterie à Paris. Il commanda ensuite, à Amiens, le 2e corps d'armée. Enfin, après avoir fait partie du Conseil supérieur de la Guerre, il fut nommé chet d'état-major général de l'armée, c'est-à-dire, en temps de guerre, généralissime.

En 1897, quand son père et sa mère célébrèrent leurs noces d'or, le futur généralissime était secrétaire de la Commission d'examen des Inventions. A cette fête de famille, un de ses compatriotes lui demanda :

— Vous qui avez examiné tant d'inventions, dites-nous ce qu'on a trouvé de mieux.

— Ceci ! répondit le bon fils, en montrant ses parents qui se regardaient avec un sourire.

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