M. MESSI.MY
(Photo Manuel.)
L'offensive en Alsace.
Dès la déclaration de guerre, un de nos avions, allant droit vers Mulhouse, tourna pendant quelques secondes à quelque trois cents mètres au-dessus de la ville et se posa près des premières maisons. Les Mulhousiens l'observaient d'un regard passionné. Une angoisse leur étreignit le cœur, quand ils virent les gendarmes
If) 14. — t. A GUERRE DU DROIT.
allemands se précipiter vers lui. Mais déjà le grand oiseau de France avait repris son vol et, en dépit d'une fusillade enragée, regagnait la frontière. Le lendemain, il revenait et faisait pleuvoir sur la ville de petits drapeaux français à chacun desquels une Heur de France était liée.
Mulhouse allait être un de nos objectifs.
Le haut commandement français avait prévu, premièrement, une invasion allemande par la Belgique, suivant soit la rive droite, soit la rive gauche de la Meuse; secondement, un coup de main sur Nancy et une marche méthodique contre Verdun. Il se tenait prêt à repousser ces attaques. Mais son désir était de prendre l'offensive. N'est-ce pas la meilleure et la plus française façon de parer?"
Comme la France respecte les traités, et comme, par conséquent, elle ne voulait rien entreprendre contre la neutralité belge ou luxembourgeoise, son armée
(N. D. photo.)
ne pouvait prendre l'offensive qu'en Alsace et en Lorraine annexées. Là, elle ressaisissait son bien et reconstituait son territoire national. De plus, en portant la guerre dans la région de Mulhouse ou de Metz, elle venait indirectement en aide àladélense delà Belgique, troublait la mobilisation des Allemands et peut-être coupait tout de suite leurs communications avec le centre de l'Empire.
Le 5 août, à midi et demi, le général Joffre télégraphia aux généraux commandant le 2e, le 6f, le 7e, le 21e corps : « La guerre étant déclarée, il n'est plus apporté aucune restriction aux opérations de couverture qui peuvent s'exécuter telles qu'elles résultent des missions attribuées aux différents secteurs (ordre spécial du 21'' corps). En conséquence, vous êtes autorisés à occuper les passages des Vosges, du col du Bonhomme à la trouée de Saales inclus ».
Avant tout, cette occupation présentait l'avantage de nous protéger contre toute attaque de flanc, quelles que fussent nos opérations ultérieures. En laissant le
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long de la frontière une zone de dix kilomètres inoccupée, la France avait mis le droit de son coté, mais elle avait permis à l'ennemi de s'emparer des hauteui - I dut les lui reprendre.
Le col de Bussang lia lu premier enlevé par une section du i r*° chasseurs.
Nous enlevâmes ensuite le Hohncck et le col de la Schlucht.
SOMMET DU HOIINECK A l366 MtTRES D'ALTITl/DE . Le 8 et le l|. Un COiïl-
(N. d Photo.) bat assez violent, ou
se distingua le 149e
(21e corps), nous livra le col du Bonhomme et les sommets de Sainte-Marie. Le
col de Sainte-Marie fait communiquer Saint-Dié avec Sainte-Marie-aux-Mines; le
col du Bonhomme, Saint-Dié avec Colmar. Bientôt, les Allemands étaient délogés des crêtes où ils résistaient, protégés par des tranchées et des fils de ter barbelés.
Grâce à de hardis efforts, nous occupâmes de même le col d'Urbeis et le col Je Saales. Le 10 août, le 3e chasseurs s'élançait de Provenchères sur la route de Saales et bousculait quatre bataillons ennemis. Le 12. il entrait à Saales où il trouva des monceaux d'équipements que l'ennemi abandonnait dans sa débandade.