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Mulhouse, « que des forces relativement peu importantes ». Le 7 août, à cinq heures du matin, une de nos brigades qui comprenait le 35" et le 420, en s'éclairant par de la cavalerie, traversa la trouée de Belfort, passa par les sources de la Doller et s'avança par la vallée de l'Ill. Kn même temps, les chasseurs à pied du l5e et du p" bataillon, après avoir occupé le col de Bussang, s'avançaient par la vallée de la Thur qui baigne Thann.
En somme, lo5oo hommes, les uns par la trouée de Belfort, les autres par la vallée delà Thur, marchaient vers .Mulhouse.
Quand ils arrivèrent devant les poteaux frontières, on commanda :
— L'arme sur l'épaule droite. Présentez armes.
Tous lescœurs battaient d'enthousiasme.
Dès huit heures et quart du matin, à notre gauche, Seppois-le- Haut est enlevé, puis Orbey, puis Saint- Amarin. La journée du 8 août est marquée par une marche de 3-2 kilomètres. Le lendemain, le l'y bataillon entre à Reiningen sur la Doller, à 7 kilomètres de Mulhouse.
A notre droite, c'est Dannemarie que nous visons d'abord.
Le commissaire de police de Petit-Croix, dernière station française sur la ligne de Mulhouse, va s'installer à la place du commissaire allemand de Montreux-le-Vieux.
Le soir du 7 août, vers six heures, nous étions devant Altkirch. En vain, une brigade allemande de couverture défendait la ville. En vain, une foi te artillerie allemande s'était établie sur les hauteurs. Notre 44e exécuta une charge qui bouscula l'ennemi. Nos dragons le poursuivirent sur la route de Mulhouse, vers Walheim, Tagolsheim et Illfurth. Il se déroba à la faveur des ténèbres.
Altkirch, toutes fenêtres ouvertes, fit aux troupes françaises un tendre et triomphal accueil. Les vieillards qui gardaient un si vivant souvenir de l'autre guerre, mais qui avaient craint de ne pi us revoir chez eux le drapeau français, pleuraient de joie en embrassant nos soldats. Les enfants éclataient en cris superbes devant les poteaux frontières promenés par les rues. Quant à nous qui, depuis tant d'années, avions travaillé de toutes nos forces à la libération de l'Alsace-Lorraine, et qui enfin pouvions fouler le sol d'où l'ennemi nous avait expulsés, nous goûtions au secret de notre âme toute la douceur de la plus haute et de la plus complète récompense.
La garnison allemande de Mulhouse, comprenant le 112e et le 142e d'infanterie, le 22e dragons et le 5e chasseurs à cheval, était partie pour la frontière depuis le Ier août.