‹ 1914 (volume 2)Chapitre 3 sur 161 · CAMPEMENT ALLEMAND SOUS VISE · texte numérisé non relu

CAMPEMENT ALLEMAND SOUS VISE

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a déjà retiré ses troupesde lafrontière». Ces soldats avaient déclaré, le matin même : n Demain, nous coucherons en France ».

Dans leur fureur, ils attelaient des civils à leurs mitrailleuses, les bras en croix. Celui qui ne pouvait pas suivre était attaché par les pieds, sa tête heurtant les pavés. Ils pillaient les fermes, torturaient le fermier pour savoir où était caché son argent, massacraient les prisonniers, achevaient les blessés.

Des officiers allemands volèrent vingt mille francs au bureau de poste de Hasselt. Dans un village près d'Huy, un bicycliste allemand tomba et son fusil partit. Le village fut brûlé et les habitants mâles jetés dans les flammes. A Huy,où Pierre l'Hermite, l'apôtre des Croisades, passa ses dernières années, c'est sur un enterrement que l'ennemi s'acharna; les balles des shrapnells brisèrent les lanternes du corbillard.

Massacres à Lincé où deux enfants, l'un de neuf ans, l'autre de dix, sont assassinés. Massacres à Poulseur. Massacres à Lovégnée, à Battice, à Melen où sont

assassines 121 civils dont une peiite tille de se pi ans et une autre de onze. Massaci es à Micheroux, à Soumagne, à Bnrchon, à Saive, à Francorchamps, partout les bourreaux redoublaient de cruauté.

Des étrangers, particulièrenent des Américains, apportèrent bientôt leurs témoignages :

Nous avons vu un cadavre de femme dont les mains et les pieds étaient

coupés. Nous avons vu un vieillard à cheveux blancs tué et criblé de vingt-deux coups de baïonnette, parce qu'un soldat belge, devant sa maison, avait tiré sur un soldat allemand. Nous avons vu une petite fille de deux ans tuée par un uhlan a coups de sabre dans les bras de sa mère.

Nous avons vu un septuagénaire suspendu par les bras au plafond de sa maison et rôti dans un feu allumé à ses pieds parles soldats bavarois.

La reine des Belges, née princesse de Bavière, racontait à un de nos amis les crimes commis par les Allemands. Devant ces visions d'horreur, dans son visage délicat contracté douloureusement, ses yeux d'un bleu turquoise se mouillaient de

larmes ou étincelaient d'indignation. Elle ajouta, d'un tondéchirant : « C'est fini! Entre eux et moi, il y a un sanglant rideau de fer qui est descendu pour jamais ».

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