GENERAL ANGLAIS MAC-READY
(Photo Elliot et Fry.>
GÉNF.RAL ANGLAIS SMITH DOBBIEN.
(Photo Russel a bons.)
I9I4. LA GUERRE DU DROIT. Ô\b
et la nôtred'aller jusqu'au bout. Aucundésastre
ne doit nous faire reculer. »
Déjà, la Guerre du Droit détruisait mainte
superstition derace. Troplongtemps,laFrance
s'était crue obligée de haïr les Anglais, sous
prétexte qu'elle est de race latine. Or, dans le
sang français, il y a si peu de sang latin ! Les
colons romains établis dans les vallées du
Rhône, de l'Aube et de la Moselle, ont-ils été
plus de 40 000 ! Quant aux Anglais, ils se rattachent à nous par tous les liens du sang, de la
civilisation et de l'intérêt. Un d'eux qui est de
nos meilleurs amis s'écriait :
— Le sang que nous versons en France à
vos côtés est en partie de source française.
En 1066, Guillaume le Conquérant s'est établi
en Angleterre avec une armée composée presque
entièrement de Français. Dans les rangs de
cette armée, toutes les provinces de France
étaient représentées. Les noms de ses chefs en
témoignent superbement : Boulogne, Thouars,
Étaples, Evreux, Rotrou, Beaumont, Varen-
nes, Montgommery, Grandmesnil, Martel,
Giftart. Tous ces grands Français se sont élancés contre les Saxons en chantant à
pleine voix la première épopée française, la Chanson de Roland. Beaucoup d'entre eux
restèrent en Grande-Bretagne après la conquête. Ils y implantèrent la poésie, les
arts, les sentiments, la chevalerie de France. Pendant des siècles, les yeux et les
cœurs de chez nous se sont tournés instinctivement vers la France! Aujourd'hui,
une amitié fraternelle nous -éunit aux Français et leur cause est devenue entièrement nôtre.
A la tête du corps expéditionnaire britannique était placé le maréchal John French. Né dans le comté de Kent, le 1 3 avril j852, il s'était d'abord destiné à la flotte et avait été cadet de marine à quatorze ans. Mais, en 1874, il entra dans la cavalerie, fit l'expédition d'Egypte, et fut nommé colonel à trente-six ans. Après avoir passé deux ans comme attaché au grand quartier général, il commanda la cavalerie au Transvaal, en 1897. Là, il servit de second à lord Kitchener. La guerre terminée, il devint inspecteur général, puis chef de l'état-major généial. 3on arrivée à Paris, le 14 août, fut saluéepardes acclamations.
Sous les ordres de French se trouvaient : le lieutenant général sir Archibald Murray, le major général sir W. Robertson, quatermaster général, le major général sir Nevil Mac-Ready. Le premier corps d'armée, qui avait à sa tête
GÉNÉRAL ANGLAIS HAMILTON. • t^ i it ■ -~ 1 :x . I
(Photo Eiiiot et Fry.) sir Douglas Haig, ^comprenait la première et la
5 1 Ô 1 y I 4 . — LA GUERRE 1>V DROIT.
seconde division. Le second corps d'armée avait à sa tête le général Smith Dorrien et comprenait la troisième division sous les ordres du général Hamilton, la quatrième division sous les ordres du général Snow, la cinquième division sous les ordres du général Ferguson. Chaque division se composait de trois brigades d'infanterie, de l'artillerie divisionnaire, de trois brigades d'artillerie de campagne, d'une Brigade d'obusiers, d'une brigade d'artillerie lourde, d'une formation du génie, d'un régiment de cavalerie.
La cavalerie se composait de cinq brigades : généraux Briggs, de Lisle, Grugh, Bingham, T. W. Chetwode. Les quatre premières étaient placées sous le commandement du général Allenbry. Elles avaient pour les soutenir deux brigades d'artillerie à cheval et deux mitrailleuses par régiment.
général anglais de lisle. A ses soldats partant pour la Guerre du
, Photo Eiiiot et Fry., Droi^ k roi George adressa ces paroles:
« Vous allez combattre pour la sécurité et l'honneur de mon Empire. La Belgique, dont nous nous sommes engagés à défendre le territoire, a été attaquée. La France est sur le point d'être envahie par le même ennemi puissant. J'ai une absolue confiance en vous, mes soldats. Le mot devoir sera votre mot d'ordre. Je suivrai tous vos mouvements. J'enregistrerai tous vos progrès avec la plus vive satisfaction. D'ailleurs, j'aurai toujours à l'esprit le souci de votre bien-être. Je prie Dieu de vous protéger et de vous ramener victorieux. »
Voici, d'autre part, les instructions que lord Kitchener faisait remettre à chacun de ces hommes :
« Vous partez à l'étranger comme soldats du roi, pour aider vos camarades français contre un ennemi commun. Vous avez à accomplir une tâche qui exigera de vous courage, énergie et patience. L'honneur de l'empire britannique dépend de votre conduite individuelle. Ce sera votre devoir non seulement de donner l'exemple de la discipline et de la bravoure sous le feu, mais aussi de maintenir les relations les plus amicales avec ceux que vous aidez dans cette lutte. Les opérations auxquelles vous participerez se dérouleront en grande partie dans un pays ami. Vous ne pouvez pas rendre un plus grand service à votre pays que de vous montrer, en France et en Belgique, en votre véritable caractère de soldats anglais. Soyez invariablement courtois, attentionnés et bons. Respectez la propriété d'autrui
et considérez toujours le pillage comme une
r & généra; anglais d ogly snow.
action indigne. On se prépare a vous accuei.hr iPhotoEiiiôt ctFry.)
et à vous accorder la plus entière confiance. Votre attitude doit justifier cet accueil et cette confiance. Votre devoir ne pourra être accompli que si votre santé est bonne. Soyez constamment en garde contre les excès de toute nature. Dans cette nouvelle entreprise, vous pouvez être en butte aux tentations sous la forme du vin et des femmes. Vous devez résister victorieusement. Tout en traitant les femmes avec une parfaite politesse, évitez toute intimité avec elles. Accomplissez votre devoir. Craignez Dieu. Honorez votre roi. »>