LES FORTS ET LE PONT DE NAMUR
La dignité si grave dont sont empreints ces conseils du grand chef britannique, faitle plus saisissant contraste avec la fureur abjecte des chefs allemands, excitant au pillage, au viol et au massacre leurs soldats, ivres comme eux.
L'armée britannique, en arrivant sur le continent, inspirait de vastes espoirs. Mais, de longtemps elle ne pouvait les réaliser. Elle avait trop retardé les opérations que l'armée française devait exécuter en liaison avec elle.
Le 17 août, les troupes britanniques débarquées se réduisaientàquatredivisions d'infanterie et à une division de cavalerie. Au plus, 5i.ooo hommes. Le 24 août seulement arriva une cinquième division. Le g octobre seulement arrivèrent une sixième division d'infanterie et une seconde division de cavalerie. A la fin d'octobre, seulement, fut prête une septième division d'infanterie.
La résistance dans le Nord.
A notre gauche, les forces anglaises étaient ainsi réparties : Du 14 au 18 août, le ier corps anglais s'était établi à Wassigny; le 2e, au Nou-vion-en-Thiérache ; la division de cavalerie, à Maubeuge.
Si 8 '9'4- LA GUERRE DU DROIT.
La tache dévolue au général French consistait à manœuvrer à gauche de l'armée française, afin de déborder les forces allemandes au nord de la Sambre. 11 écrira plus tard :
— Le 22, je prenais mes dispositions pour envoyer mes troupes sur les positions que j'avais choisies.
Or, cette manoeuvre ne pouvait réussir qu'à la condition de commencer au moment où l'ennemi était encore paralysé au nord de la Gette, c'est-à-dire avant le 19.
L'état-major français a eu raison de dire : la bataille du Nord a été trop différée, parce qu'on attendait l'armée britannique.
C'est le 20 août que le général Joffre ordonna à notre centre et à notre gauche de prendre l'offensive.