‹ 1914 (volume 2)Chapitre 51 sur 161 · PATROUILLE BELGE · texte numérisé non relu

PATROUILLE BELGE

(Fhoto Chusseau-Flaviens.)

Que voulait-il ? Tendre la main aux Belges, puis, en prenant Namur pour pivot, lancer les lorces françaises, belges et britanniques, solidement unies, contre les masses allemandes non encore parvenues au territoire français. Or, répétons-le, l'armée britannique n'avait pas achevé sa concentration.

La France fit alors ce geste sublime qu'elle répétera si souvent dans la Guerre du Droit, le geste d'Arnold de Winkelried à la bataille de Sempach, en 1 386. On sait que le héros, voyant les armées autrichiennes se ruer irrésistiblement, saisit entre ses bras les piques du premier rang et se les enfonça dans la poitrine en "les entraînant contre terre. Un vide se fit dans les rangs ennemis. Les frères d'armes de Winkelried s'y précipitèrent. De même, la France retenait contre elle les forces supérieures de l'ennemi, pour donner à ses alliés le temps de se préparer à la lutte.

Les ordres du général French ne purent être exécutés que pour le 23 août. Dès lors, les lignes britanniques s'étendirent le long du canal de Condé, vers Mons «t Binche. Le 2e corps prenait position depuis Condé jusqu'à Mons ; le Ier corps, au delà de Mons; la 5e brigade de cavalerie, à Binche.

A propos de la division de cavalerie, le général French déclara :

— Je l'ai gardée comme réserve pour me couvrir au besoin sur mon flanc extrême et renforcer, s'il y avait lieu, n'importe quelle partie de ma ligne, en l'absence de mon troisième corps.

I g 1 4- LA GUERRE DU DROIT,

Tandis que l'armée britannique appuyait sa droite sur la gauche de notre cinquième armée, trois de nos divisions de réserve arrivaient en hâte dans la région de Merbes-le-Chàteau. Deux d'entre elles se postaient au nord de Thuin, entre ■les Anglais et notre 1 8e corps.

A cette ligne d'hommes s'étendant de Namur à Condé par Charleroi, Binche, Monset Jemmapes, allait être confiée la tâche de refouler l'invasion. L'envahisseur

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