LES ALLEMANDS SUR LA GRANDE PLACE A BRUXELLES
(Photo Roi.)
avait trop d'avance. Et déjà l'armée belge, après avoir essayé de couvrir sa capitale, avait dû se replier sur Anvers.
Au lendemain de la bataille de Dinant, la 8e brigade belge poussait jusqu'à Andenne. Devant le développement des forces ennemies, elle se replia vers Namur, en faisant sauter les ponts de la Meuse et en fermant le tunnel de la Seille.
Les gros mortiers allemands s'installèrent à portée des forts de Namur. En vain, l'artillerie de la place essaya de résister. Le 2 1 , le siège commençait. Namur était défendue parla 4e division belge et quelques bataillons français, mais sans liaison avec l'armée belge, laquelle d'ailleurs avait pour principale préoccupation de ne pas être coupée d'Anvers.
Au début, la garnison de Namur, surexcitée par la défense de Liège, rêvait d'infliger à l'ennemi une nouvelle leçon. Mais l'ennemi, connaissant la supériorité de son matériel, avait résolu d'éviter toute action d'infanterie.
La cavalerie belge qui défendait la Gette, en s'étendant de Budingenà Diest, fut attaquée le 18 août, à six heures du matin. L'infanterie et l'artillerie allemandes traversèrent la rivière avant midi. La cavalerie belge put se retirer, grâce à l'intervention de deux cent cinquante cyclistes munis de deux mitrailleuses, qui barrèrent
la route à une brigade entière du 2e corps allemand, soutenue par dix-huit canons. Ces braves gens n'évacuèrent leurs positions que lorsque leurs deux mitrailleuses lurent hors d'usage et qu'ils se sentirent presque entièrement cernés.
Sur la Gette, entre Diest et Budingen, Haalen était occupée par des carabiniers cyclistes et un escadron de lanciers. Ils se retirèrent quand ils virent que l'ennemi, ayant jeté des ponts, s'avançait pour les capturer.
D'autre part, l'ennemi occupait Hantem-Sainte-Marguerite. à 4 kilomètres de Tirlemont, et s'emparait de Tirlemont, à 18 kilomètres de Louvain. De ce côté,
ta lutte fut acharnée. Le 3e et le 22e régiment de ligne se replièrent vers quatre heures, sur l'ordre du haut commandement belge. Le 2e de ligne réussit à arrêter la poursuite. Le 22e avait perdu la moitié de son effectif. Sur vingt-trois officiers qu'il comptait au début de l'action, vingt-trois restaient sur le champ de bataille. Le roi a inscrit sur le drapeau de ce régiment ces mots : « Hantem-Sainte-Marguerite ». Journée sanglante, mais où l'armée belge ne fit entrer en lice que très peu d'hommes : à peine 2000 sur une ligne de 8 kilomètres.
Liège prise, la ligne d'Anvers Louvain- Namur se trouvait attaquée par Diest et Tirlemont. Quelques régiments français combattirent à côté des Belges. Mais l'énorme marée allemande qui montait vers Bruxelles ne pouvait plus être contenue. Le gouvernement belge annonça qu'il se retirait à Anvers.
Toutes les locomotives belges furent dirigées en hâte vers la France. Pendant des jours et des nuits, leurs sifflements retentirent, déchirants comme l'adieu de l'exil.
En Belgique, les voies fernées sont nombreuses, les routes excellentes, les espaces restreints. L'ennemi eut bientôt franchi les 14 kilomètres qui séparaient Aerschot de Louvain, et les 19 kilomètres qui séparaient Louvain de Bruxelles.
Le 20, à 4 h. 1/2 du matin, la cavalerie allemande arrivait près de Bruxelles, au Tir national. C'est là que le général Sixt von Arnim, commandant du IVe corps, dicta au bourgmestre, M. Max, les conditions suivantes : « Les Allemands auront libre passage à travers Bruxelles. Une garnison de 3 000 hommes sera logée dans les casernes. Les réquisitions seront payées en espèces. Les armées allemandes seront respectées, ainsi que leurs biens. Moyennant quoi, la direction des affaires sera laissée à l'administration municipale, sans même être soumise au contrôle allemand. » Les troupes ennemies, qui étaient toutes fraîches, défilèrent à travers la ville. Elles promenaient deux officiers belges attachés aux étriers de deux uhlans et un petit ours déguisé en roi Albert Ier. Pendant le défilé, les officiers allemands brutalisaient leurs propres soldats. Pour un mouvement mal exécuté, un coup de pied. Le défilé se termina par l'artillerie de siège et cent automobiles armées de canons. Trois cent mille soldats s'éloignèrent en chantant en chœur : Wacht am Rhein et Deutschland iiber ailes.
M. MAX. — BOURGMESTRE DE BRUXELLES. (Photo Roi.)
Maréchal FRENCH
Commandant en cheî des Armées AngUires