GÉNÉRAL VON ARNIM
Cette armée qui s'était concentrée, le i 5 août, entre la Meuse et Tongres, se préparait à exécuter le mouvement enveloppant dont l'Allemagne attendait tout. Elle espérait ainsi prendre, immédiatementaprèsBruxelles, Paris. Le 19 août, plusieurs de ses corps s'enfoncèrent entre Diest et Tirlemont; d'autres traversèrent la Meuse entre Liège et Huv.
L'armée de von Kluck comprenait le IIe corps (général von Linsingen), le IIIe (général von Lochow), le IVe général Sixt von Arnim), le IXe (général von Quast), le IXe corps de réserve (général von Bœhm), un corps de cavalerie (général vonMarwitz).
l)e l'armée belge en retraite vers Anveis, deux régiments seuls, le qB et le 14e d'infanterie, restèrent pour arrêter la poursuite de l'ennemi. La masse du 1 Ie corps allemand tomba sur eux, devant Herschot, le 19, à 5 heures du matin. Ils résistèrent de leur mieux pendant trois heures, puis se retirèrent vers Louvain.
Tout le IIe corps se rua sur la malheureuse petite ville d'Herschot. Furieux d'avoir eu à combattre, les soldats tiraient au hasard dans les rues et pillaient premièrement les auberges. Le bourgmestre avait fait déposer à l'hôtel de ville les .armes que possédaient tous les habitants. Il publia l'avis suivant : « Si un seul coup Je fusil est tiré par un civil, on exécutera, outre le coupable, trois autres habitants ». A 8 heures du soir, pendant que le IIe corps allemand achevait de défiler, le colonel qui commandait la Se brigade d'infanterie fut trouvé mort chez le bourgmestre où il
logeait. D'où venait la balle qui l'avait tué? Sans doute d'une maison située en face de celle du bourgmestre. Impossible d'accuser le bourimestre. Pendant la fusillade, il distribuait des cigares aux soldats allemands, devant sa porte. Son fils, âgé de quinze ans, fut découvert caché sous des vêtements. « C'est lui qui a tué notre colonel ». Sans doute, c'était un soldat allemand, plus ivre que les autres, qui avait lâché le coup fatal. Les Allemands, pour venger leur chef, massacrèrent, pillèrent, brûlèrent. Le bourgmestre fut passé par les armes, ainsi que son fils et son frère.
Un adversaire politique de ce magistrat avait crié aux officiers allemands :
— Je n'appartiens pas au même parti que lui. Mais, en ce moment, sa vie est nécessaire a Herschot. Prenez ma vie en échange.
— Je vous remercie, lui avait dit le bourgmestre. Certes, je mourrai tranquille, parce que je n'ai jamais souhaité que le bien de mes compatriotes. Mais je supplie qu'un
GENERAL VON LOCHOW.
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épargne mon fils : il a quinze ans à peine et seul il peut consoler sa mère. Les officiers allemands avaient ricané sans répondre. L'adolescent s'était alors levé pour prendre place, entre son père et son oncle, devant le peloton d'exécution.
Pendant plusieurs jours, fusils et mitrailleuses abattirent les civils qu'on arrêtait au hasard et dont on liait les mains derrière le dos, avec des fils de cuivre. Plus tard, 160 cidavres furent retrouvés, dont 8 femmes et 6 enfants.
Tandis que les olri:iers se livraient à une crapuleuse débauche, des fourgons militaires, par eux méthodiquement remplis d'objets précieux, fruits du pillage, partaient pour l'Allemagne su rieur ordre. Les soldats allemands eux-mêmes ont noté dans
UEMli.NAGE.MKNT DU BUTIN VOI.K EN BELGIQUE.
(Photo Cluisseau-Flaviens.)
leurs carnets: « Partout, les maisons incendiées. Des habitants chassés. D'autres tués. Pas une maison épargnée sur cent. Les villages sont très beaux, mais à peine avonsnous traversél'un d'eux que les troupes qui nous suivent le brûlent. Et ainsi de suite. »
Les Allemands multiplièrent sans fin les crimes de ce genre, tant qu'ils considérèrent leur victoire comme absolument certaine. Le jour où l'idée leur vint d'un châtiment possible, ils n'ont plus dit : « Les civils ont tiré ».
La Seconde Armée allemande était commandée par le général von Biilow, ancien général inspecteur de la Troisième Armée. Biilow avait sous ses ordres le général de Plettenberg qui commandait le corps de la Garde; le général von Rothmaler qui commandait le VIIe corps; le général von Emmich qui commandait le Xe corps; le général von Zvvehl qui commandait les Xe et VII« corps de réserve.
Cette Seconde Armée occupa : à l'est, Hannut, Jodoigne, Wavre, Nivelles, Montceau-sur-Sambre ; au centre, Ottignies, Jumet, Montigny; a l'ouest, après avoir contourné Namur, le nord de la Sambre, en se dirigeant vers Jemmapes.